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Passe d’armes autour du budget, avant-goût de l’après-Blair

23 mars 2007, 00:00

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Les deux candidats à la succession de Tony Blair ont donné un avant-goût des luttes politiques féroces qui s’annoncent après son départ en se lançant des attaques personnelles et en s’empoignant sur l’économie.

Gordon Brown, dauphin désigné du Premier ministre en juin ou juillet, a pris le jeune leader de l’opposition conservatrice, David Cameron, au débotté en annonçant une réduction de l’impôt sur le revenu dans le cadre de son 11e – et vraisemblablement dernier – budget en tant que ministre des Finances.

Mais Cameron, gonflé à bloc par sa position très avantageuse dans les sondages par rapport à Brown, a accusé ce dernier de gâchis, l’a présenté comme une relique du passé et a rebondi sur les propos venimeux tenus par un ancien haut fonctionnaire qui a accusé le chancelier de l’Echiquier d’être “impitoyable comme un stalinien”.

“Pendant des années, il a voulu être le jeune espoir, mais maintenant c’est le vieil homme du Kremlin”, a renchéri Cameron.

“C’est un peu comme Staline. Ils l’applaudissent maintenant, mais il les éliminera par la suite”, a-t-il poursuivi, tandis que les députés travaillistes saluaient bruyamment le discours de Brown sur son budget.

Cameron a comparé le Parti travailliste à un “vieux rafiot rouillé, qui fuit” et qui se dirige vers les écueils. “Il (Brown) ne peut sauter du bateau parce qu’il en est le capitaine depuis dix ans”, a-t-il dit.

Brown, réputé très intelligent mais peu charismatique, s’est amusé de la pique lancée à son encontre par Lord Turnbull, un ancien fonctionnaire qui l’a également accusé d’avoir une “vision très cynique de l’humanité et de ses collègues”.

Il a souligné que le seul ministre des Finances britannique qui ait présenté onze budgets, au cours des 200 dernières années, était William Gladstone – qui cumulait cette fonction avec la charge de Premier ministre.

“Voilà un exemple (...) que personne ne devrait s’aviser de suivre aujourd’hui”, a-t-il déclaré, ajoutant dans un sourire qu’il devait peut-être appeler “camarades” les membres de son personnel.

Les députés travaillistes ont ri à gorge déployée. Mais beaucoup, au sein du parti, craignent que le ministre écossais, 56 ans, ne fasse pas le poids face aux 40 ans de Cameron et à son habileté avec jouer des médias lors des prochaines élections, qui devraient avoir lieu en 2009.

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