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Pas d?augmentation immédiate du prix du ciment

8 février 2005, 00:00

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Les deux importateurs de ciment, Holcim et Lafarge, doivent se résigner. Leur demande d?augmentation du prix du ciment, faite la semaine dernière au ministère du Commerce, ne sera pas agréée dans l?immédiat. Le consommateur, lui, peut respirer.

Selon nos indications, l?échéance électorale y serait pour quelque chose : le gouvernement n?envisage pas d?augmentation de prix immédiate qui pèserait lourd dans le budget de construction du consommateur. La libéralisation du prix de la barre de fer a d?ailleurs déjà engendré une augmentation importante de ce matériau.

Un cadre du ministère du Commerce, indique simplement ?qu?aucune augmentation du prix du ciment n?est à prévoir pour le moment?. Les importateurs demandent que le sac de 50 kg livré aux quincailleries passe de Rs 115 à Rs 140, soit une hausse de Rs 25. Si l?on tient compte du coût du transport et de la marge de profit du détaillant, le consommateur paierait environ Rs 145 (toutes taxes comprises) le sac de ciment, contre Rs 122 actuellement.

Heddy Raffai, directeur général du groupe Lafarge, affirme que les importateurs vendent actuellement à perte. La dévaluation du dollar par rapport à la roupie, la hausse du fret maritime et les perturbations dans l?approvisionnement du ciment en raison du tsunami seraient les principales causes de la demande d?augmentation. ?Nous sommes actuellement dans une situation très difficile. Le prix du ciment nous revient plus cher à l?importation, et nous ne l?avons pas encore répercuté sur le marché?, explique le directeur général.

Pascal Naud, le nouveau directeur d?Holcim, confirme aussi qu?il est de plus en plus difficile pour les importateurs d?assurer leur rentabilité financière. ?Nous vendons à perte et je me demande jusqu?où nous pourrons tenir.?

La State Trading Corporation (STC) importe seulement le quart de la consommation annuelle du ciment, mais son action a un impact direct sur les prix dans les quincailleries. En choisissant son fournisseur, la STC établit un coût qui est utilisé comme référence par le ministère du Commerce pour fixer le prix du ciment.

Ainsi en novembre 2003, la STC avait acheté le ciment à 56 dollars la tonne de la compagnie Itochu, adjudicataire du contrat. Il s?agissait de la meilleure offre. En 2002, le prix payé par la STC était de seulement 37 dollars la tonne. Cette année, le prix demandé par la compagnie Marine Cement est de 62 dollars, soit une hausse de 6 dollars sur le prix de l?année dernière. Sans compter que le dollar s?échangeait à Rs 27 l?année dernière, contre Rs 29 actuellement.

Les importations de la STC totalisent 150 000 tonnes par an. Cette dernière les revend aux groupes Lafarge (Baobab) et Holcim (Kolos) qui se partagent le marché. Mais la consommation annuelle du pays avoisine les 670 000 tonnes et ces entreprises importent ainsi leurs propres stocks.

En tout état de cause, le gouvernement se retrouve dans une situation délicate. Une augmentation de prix en cette période ne serait certes pas opportune, mais la pression des importateurs, qui demandent un ballon d?oxygène, se fait aussi sentir. Ainsi, si la hausse n?est pas pour demain, elle semble inévitable.

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