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Pétards moins chers mais pas plus sûrs

8 décembre 2004, 20:00

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Relâchement dans les mesures de contrôle des pétards. C’est du moins ce qu’estiment les importateurs cette année. Une visite dans certaines grandes surfaces a confirmé la présence de pétards de qualité inférieure. Vendus moins chers, ils pourraient comporter des risques pour la sécurité des utilisateurs, celle des enfants en particulier.

L’ICP a effectué des tests sur deux échantillons de pétards de deux dimensions différentes, attachés l’un à l’autre et vendus en rouleaux. Ces tests ont révélé des différences dans la méthode de fabrication notamment au niveau de la qualité du papier utilisé. Le pétard traditionnellement importé comporte plusieurs feuilles de papier fin, ce qui lui donne sa solidité, mais ce qui fait aussi la différence au niveau du son lors de l’explosion. Il contient uniquement un mélange à base de souffre.

Cet échantillon, lorsqu’il explose, fait voltiger des morceaux de confettis et un peu de fumée. Le son est perçant. Cependant, le pétard bas de gamme est enroulé dans un papier épais. Il contient une petite quantité de souffre, coincée entre deux rouleaux d’un mélange gris. Mise sous pression, cette substance révèle la présence d’une substance ayant la texture du sable. Dans ce cas, le pétard explose d’un bruit sec, et disperse une importante quantité de poussière et de fumée.

Des informations obtenues auprès d’un fournisseur en Chine, confirment que le mélange grisâtre, appelé seal powder, retrouvé dans les pétards bon marché contient un mélange de chlorure de magnésium et de poudre de talc. C’est ce dernier qui serait responsable du volume important de fumée émise lors de l’explosion. De plus, au contact de la peau, ce produit pourrait, selon le fournisseur, être dangereux. L’inhalation de ce produit pourrait même provoquer des ma-ladies des bronches.

Selon des importateurs que le Porte-Monnaie a interrogés, les pétards de qualité inférieure ne répondraient pas aux conditions requises pour l’exportation.

Toujours selon eux, la Chine fa-briquerait plusieurs grades de pétards, dont certains pour la consommation locale. Ceux-ci ne seraient destinés à l’exportation. Jusqu’ici aucun de ces pétards bas de gamme ne pouvait être écoulé sur le marché mauricien.

Un cadre du Mauritus Standards Bureau (MSB) nous a expliqué que les tests sont effectués selon les normes MS 132, elles-mêmes élaborées à partir des normes britanniques BS 7114. Il a précisé que le MS 132 se limite au performance testing, soit aux caractéristiques relatives à la performance des produits.

Parmi les paramètres observés, se trouve le temps que la mèche prend pour brûler, l’invisible burning time, la solidité de l’ancrage de la mèche, le temps d’explosion, et la quantité de débris. Ceux-ci ne doivent pas être éparpillés à plus de trois mètres et ne devraient pas dépasser un gramme. Interrogé quant à la composition chimique du contenu des pétards, l’officier du MSB nous a affirmé que le MS 132, comme le BS 7114, n’est pas concerné par celle-ci.

Mesures de contrôle modifiées

Les autorités ont modifié, cette année, les mesures de contrôle à l’importation. Selon la procédure établie, un importateur était auparavant appelé à soumettre au ministère du Commerce un échantillon du pétard qu’il proposait d’importer et des informations précises concernant ses propriétés chimiques.

Après deux ou trois mois, le mi-nistère décide d’accorder ou non un permis d’importation, après que des tests aient été effectués par le MSB et la Special Mobile Force (SMF). L’importateur peut alors placer sa commande.

À partir de cette année, il n’est plus requis aux importateurs de remettre des échantillons avant l’importation. Comme nous l’a expliqué un haut cadre du ministère du Commerce, des échantillons sont prises directement des conteneurs pour être testées.

À la réception de la cargaison, le ministère est mis au courant afin que des mesures de sécurité soient prises pour le débarquement. Par la suite, des officiels du MSB et ceux de la SMF effectuent des tests. Des échantillons sont prélevés pour des tests plus poussés. Ce n’est qu’après une dizaine de jours que la clearance pour le dédouanement est accordée.

Interrogé quant à la possibilité que des pétards sub-standard puissent être écoulés, le haut cadre du ministère du Commerce nous a assuré que cela était impossible. Il a confirmé qu’aucun dédouanement n’est autorisé sans la clearance du ministère.

Il faut cependant relever que les importateurs commanditent deux types de pétards, notamment ceux destinés à la consommation individuelle et ceux dits professional firecrackers, destinés aux animateurs d’événements.

Ces derniers ne sont pas concernés par le MS 132, ne requièrent donc pas de tests à l’importation. Cette filière aurait-elle été utilisée pour faire rentrer des pétards de qualité inférieure. Seule une enquête pourra le déterminer.

Eu égard au caractère sensible des pétards, l’ICP demandera au MSB d’étudier la possibilité de réviser la norme MS 132, afin qu’elle puisse inclure, à l’avenir, des tests sur la composition chimique du contenu des pétards.

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