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Périls et espoirs d’une balance commerciale déficitaire

7 mars 2007, 00:00

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Nos exportations sont à la traîne. Les échanges de marchandises entre Maurice et le reste du monde pour 2006 affichent un déficit de Rs 41,4 milliards. L’écart entre les exports et les imports ne fait qu’augmenter (par 37,8 % en une année). Le déséquilibre commercial persistant est une conséquence directe du manque de compétitivité de l’économie mauricienne. Mais les avis divergent.

“Nous ne produisons pas suffisamment pour payer la note d’importation. Le déficit commercial signifie que nous sommes en train de vivre au-delà de nos moyens”, dit Keechong Li Kwong Wing, économiste. Le pays a exporté pour une valeur de Rs 74,2 milliards (exports et réexports) et a importé pour Rs 115,6 milliards.

Les entreprises mauriciennes de textile-habillement cèdent des parts de marché à leurs concurrents chinois, indiens et taïwanais entre autres avec l’intensification de la concurrence mondiale. Le sucre perd des revenus avec la baisse des prix du produit en Europe. En même temps, la facture pétrolière explose avec la flambée des cours sur le marché mondial (la note pétrolière a enregistré une hausse de 26 % par rapport à 2005).

Les faiblesses structurelles de l’économie viennent se greffer à cette conjoncture défavorable. Le déficit de productivité des industries et coûts de production élevés font aggraver le déséquilibre extérieur.

<B>Des taux de change et d’intérêt appropriés</B>

“Il n’y pas que les fondamentaux. Il faut aussi une bonne gestion de l’économie. La politique du taux de change et du taux d’intérêt doit être appropriée. Une détente dans la politique monétaire risque de favoriser l’importation et faire agrandir le déficit commercial”, explique Keechong Li Kwong Wing.

Si de manière générale un déficit commercial est le reflet des faiblesses de nos secteurs productifs, il apporte aussi quelques bonnes nouvelles.

Un échange de biens déficitaire n’est pas forcément négatif pour un pays dont l’économie dépend des importations pour assurer sa croissance. L’achat des équipements par les entreprises, par exemple, est positif pour la croissance future.

“Les équipements et les matières premières que nous importons sont utilisés dans la production. Ils ne vont pas dans la consommation. Nous aurons les résultats dans un ou deux ans”, souligne Eric Ng, directeur du cabinet Pluriconseil.

Maurice a importé en 2006 des machineries et des équipements de transport (qui incluent les bateaux et les avions) pour un montant de Rs 35,9 milliards, soit une augmentation de 37,7 % sur l’année précédente.

L’économiste Keechong Li Kwong Wing met toutefois en exergue les dangers d’un achat massif des équipements de l’étranger. “L’achat des équipements n’est pas financé par les revenus courants générés par les exportations mais par les dettes et par les flux de capitaux de l’étranger.”

La consommation des biens finaux par les foyers met plus de pression à terme sur la balance commerciale que l’achat des biens intermédiaires (matières premières) et des machineries par des entreprises. Mais l’on ne doit pas toujours s’alarmer au sujet d’une croissance dans l’importation des produits de consommation.

“Il se peut que les entreprises de distribution soient en train de bâtir des stocks en anticipation à une hausse dans la consommation dans les mois à venir. Cela représente un signe d’optimisme pour l’économie. Après tout, la consommation est le principal moteur de la croissance à Maurice”, fait ressortir Eric Ng.

De toute façon, le pays n’exporte pas que des marchandises. Maurice vend aussi des services, tel le tourisme aux étrangers. Les transactions au niveau des services sont enregistrées dans le compte des “ biens invisibles”. Le commerce des “biens visibles” et celui des “invisibles” est regroupé sous le compte courant de la balance des paiements.

Maurice qui ambitionne de se transformer en une économie de services, doit pouvoir améliorer de manière durable sa performance étrangère à travers les “biens intangibles”. Dans un premier temps, il faudra compter beaucoup sur les recettes touristiques. En attendant que les activités de business process outsourcing et autres knowledge hub se développent.

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