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Opération nettoyage
Rouges, bleus, mauves, oranges, ils pendent lamentablement sur les ronds-points, les lampadaires, les pylônes électriques, les panneaux de signalisation, les murs. Vestiges passionnés de la campagne électorale, les oriflammes en plastique devraient disparaître peu à peu du paysage. Les conseils de district se donnent une semaine maximum pour s?en débarrasser.
Aux quatre coins du pays, on s?organise pour que les déchets récupérés soient transportés dans une entreprise de recyclage comme l?a préconisé le ministère de l?Environnement. « Ce n?est que demain que nous commencerons à récupérer le plastique. Nous nous attendons à recevoir un plus grand volume comparé aux élections 2000 », souligne Géraldine Luquet, de la Plastic Recycling Ltd. Une fois récupéré, le plastique sera trié, lavé, puis transformé en granulés. On pourra ensuite en faire des sacs-poubelles, des poubelles, des bancs de jardin, des planches et des clôtures.
Seulement le nettoyage risque de prendre du retard si l?on en croit le président du conseil de district du Nord, Satish Ramruttun. « Nous butons contre des obstacles imprévus. Certains partisans du Parti travailliste nous empêchent de faire notre travail. Ils intimident les employés et disent qu?il faudra attendre la fin du meeting de remerciements de l?Alliance sociale (NdlR : meeting qui a lieu aujourd?hui à Quatre-Bornes) avant d?enlever les oriflammes. »
Pourtant, le Nord met les bouchées doubles pour le grand ménage. Deux cents employés affectés à la voirie, à l?inspectorat sanitaire, ainsi que ceux des compagnies de nettoyage privées ont été mobilisés pour répondre à l?appel. « Banderoles et oriflammes doivent disparaître le plus vite possible. Ensuite ce sera au tour des affiches. Nous nous attaquerons d?abord aux ronds-points puis aux autoroutes », souligne Satish Ramruttun.
À l?Est, les laboureurs ont retroussé leurs manches depuis mardi, le lendemain de la proclamation des résultats.
« Les éboueurs en ont déjà récolté entre 15 à 20 tonnes en trois jours. Cela faisait mal aux yeux », peste Parumputh Goburdhun, le président du conseil de district de l?Est.« À mon avis, il faudra compter encore une semaine avant que la région soit débarrassée de tout ce plastique. »
Endroits inaccessibles
Force est de constater que les employés des voiries ne sont pas bien équipés pour accomplir cette tâche. Surtout quand il s?agit de décrocher les banderoles dans des endroits inaccessibles. Pour en venir à bout, certains s?arment de divers outils, parfois assez folkloriques? « Dans le Sud, on utilise de longs bâtons au bout desquels on a fixé une faucille pour atteindre les endroits difficiles d?accès », souligne Anwar Soodhun, un inspecteur sanitaire. Des camions élévateurs sont également mis à contribution.
Les pylônes électriques posent un problème de sécurité, malgré l?assurance donnée par les conseils de district que cette tâche incombera à leurs électriciens. Le Central Electricity Board (CEB) ne cache pas son inquiétude, les risques d?électrocution étant réels.
« En principe, ces employés n?ont pas le droit de toucher aux pylônes. S?ils ne parviennent pas à les décrocher, je leur conseille de ne pas persister et de nous appeler, nous ferons le nécessaire », assure Rajen Lowtoo, le secrétaire du conseil d?administration du CEB. Consciente des accidents potentiels que cette tâche peut représenter, la compagnie émettra un communiqué en ce sens.
Pour rappel, les activistes des deux principaux blocs politiques ont fait la sourde oreille malgré l?appel lancé par le CEB de ne pas accrocher des oriflammes aux pylônes électriques. « Pour les prochaines élections, il faudra dès le départ trouver une solution pour que notre réseau ne soit pas touché et éviter ainsi les accidents. »
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