Publicité

?Nous ne voulons pas être les héros d?un soir?

9 février 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

● Vous avez été élu meilleur entraîneur lors de la soirée des Oscars du MSC Etait-ce une surprise ?

? Oh oui ! Les autres sont aussi de bons entraîneurs.

● Outre votre consécration, le champion du monde juniors, Fabrice Bauluck, a aussi été plébiscité. On semble avoir changé d?attitude envers votre fédération...

? Je n?en suis pas si sûr. Aux yeux de nos dirigeants, nous sommes encore une petite fédération non olympique. Nous ne voulons pas être les héros d?un soir.

● En 19 éditions, la fédération de kick-boxing est quand même la seule fédération non olympique à être sacrée à cette soirée ?

? C?est assez flatteur. Shyam Seebaluck avait été élu Most promising sportsman en 2001. Aujourd?hui, on est deux à être à l?honneur. Fabrice Bauluck est le Junior Sportsman 2004, mais qu?est-ce que les instances concernées lui proposent à long terme ? Rien.

● Vous semblez frustré ?

Je ne suis pas frustré, mais déçu de la manière dont on catégorise les disciplines olympiques et non olympiques. Souvent, on juge une discipline de par sa popularité. Ce sont les sports les plus médiatisés qui ont le plus de considération auprès des dirigeants.

Sinon pourquoi David Li Yuen Fong et Mario Bienvenu n?ont pas gagné en 2001 et 2002 respectivement ? Pourtant un champion du monde est un champion du monde.

● Vous pensez donc que nos dirigeants se laissent influencer?

? Oui. Pourtant, la popularité d?un sport ne reflète pas son niveau. Les sports de combat sont très durs. Quand on perd, on ne perd pas seulement le combat mais on se fait aussi mal physiquement. Les mentalités doivent changer pour que le sport mauricien progresse. Il souffre d?un manque de franchise et d?honnêteté.

● Qui pointez-vous du doigt ?

? Je ne citerai pas de nom. Mais il faudrait qu?on décide, une bonne fois pour toutes, qui a droit à quoi. Qu?on ne joue plus sur les mots. En tant que discipline non olympique, on a souvent été bluffé. Fabrice Bauluck mérite mieux qu?un oscar. Ce n?est pas juste qu?il soit sacré parmi d?autres pratiquants de disciplines olympiques mais qu?après, on l?oublie quand il s?agit de le soutenir financièrement.

● Qu?est-ce qui serait donc juste ?

? Qu?il obtienne une bourse pour athlètes de haut niveau. Mais cette bourse est réservée aux disciplines olympiques. Il serait, également, juste que Niven (NdlR : Ramasubbu)et lui, obtiennent une bourse du Trust Fund For Excellence in Sports. En septembre dernier, on a rencontré le président de cette instance, Michael Glover. Il nous a parlé vaguement du fonctionnement du Trust Fund et qu?il allait considérer notre cas en 2005 quand l?instance sera mise en place. Mais nous sommes encore dans le flou. Bien que certaines fédérations semblent très au courant des critères et des démarches à faire pour être éligibles, nous n?avons pas eu de correspondances à ce propos.

● Maurice abritera un gala Maurice-France le 26 mars prochain. Comment envisagez-vous cette compétition ?

? Très, très dure. C?est une forte équipe française qui arrive. Nous nous préparons très sérieusement, car cette compétition a une importance capitale. Nous voulons rendre la discipline populaire. Donc, nous voulons gagner pour montrer à la nation mauricienne ce que nous valons.

● Le ?Sports Act? version 2005 exige aux fédérations sportives d?avoir au minimum deux clubs affiliés dans chacune des 13 régions de l?île. Etes-vous en règle ?

? A ce jour, on compte seize clubs dans sept régions, y compris Rodrigues. Nous avons de bonnes raisons de croire que nous pourrions créer trois nouveaux clubs à Vacoas, Grand-Baie et Saint-Pierre. Néanmoins, nous ne pourrons toujours pas être en règle. Nous espérons une dérogation. Mais, cela dit, ce Sports Act n?aide pas le sport en général. Nos dirigeants s?attaquent aux mauvaises cibles.

● Qu?entendez-vous par là?

? Les fédérations ne peuvent pas assumer deux clubs dans treize régions. Cela demanderait un trop gros budget. Beaucoup de fédérations comme la nôtre existent grâce à des volontaires, et les infrastructures font défaut. Pourquoi est-ce que le gouvernement ne laisse pas aux conseils de districts et aux municipalités le soin de créer ces clubs régionaux ? A Quatre-Bornes, la municipalité finance deux clubs, et, lors des derniers championnats de jeunes, ils ont montré qu?ils sont sur la bonne voie. Douze tireurs y avaient été finalistes et cinq ont décroché l?or.

Publicité