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Noces funèbres mariage à la Tim Burton

11 février 2007, 00:00

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Tim Burton met en scène comme la rêverie fantastique de son mariage idéal, fou et passionné, irréel et esthétique à souhait, à la fois sombre et lumineux.

Aux côtés de Johnny Depp, l?ami acteur, le double burtonien, la muse et l?épouse de Tim Burton, Helena Boham Carter. Ils prêtent quelques traits et leur voix aux personnages de pâte à modeler de ce grand mais court film d?animation.

Les Noces funèbres passent trop vite. Une heure quinze seulement. Mais durant ce laps de temps, le public est transporté dans un autre monde, dans un autre temps, dans un univers unique, glacial et magnifique.

Nous sommes au 19e siècle, dans un petit village d?Europe de l?Est. Le jeune Victor est promis à épouser Victoria. Le mariage est arrangé mais les deux jeunes futurs époux se rencontrent et se ressemblent. Deux c?urs romantiques, deux rêveurs, au milieu de familles intéressées que par l?argent et les relations.

Victor hésite pourtant à faire sa demande officielle. Dans la nuit, dans un bois sombre mais recouvert de neige, il s?essaie à sa demande, il prononce les mots fatidiques. Mais il laisse tomber la bague qui atterrit au doigt d?un squelette.

Et c?est alors qu?un corps désincarné et portant une robe de mariage lui apparaît. Victor, sans le savoir, s?est officiellement marié avec le cadavre d?une mystérieuse mariée, Emilie. Celle-ci l?emmène au royaume de l?au-delà, où il découvre un monde qui lui était alors inconnu. La « vie », du royaume des morts lui apparaît colorée et joyeuse. Mais Victor pense à rentrer chez les vivants, car il veut épouser Victoria, sa chère et tendre en chair et en os.

Les Noces funèbres racontent avec humour (évidemment noir), fascination, magie, angoisse, ce jour de mariage particulier ou malentendu de l?au-delà.

Tim Burton nous emmène en balade, du triste et gris village des vivants, à la ville colorée du Royaume des Morts, où la musique se joue sans instrument et où les voix intérieures ne sont autres que de petits vers verts qui s?amusent à «désoeiller» la mariée.

Et ce n?est pas seulement sombre, morbide ou macabre. Le film comporte de nombreuses scènes musicales, joyeuses, tristes ou romantiques. L?univers des morts, comme celui des vivants, est aussi plein de lumières, neige, fleurs, lueurs blanches et intenses, romantiques à souhait. Un écrin idéal à cette histoire d?amour à mort.

Inspiré d?une légende russe

Pour raconter cette histoire, Tim Burton s?est inspiré de la légende russe de la défunte mariée et du malheureux prince qu?elle ravit au monde des vivants.

Ancien animateur de chez Disney, il a dessiné lui-même les personnages du film. Pour donner au film la poésie nécessaire, Tim Burton a choisi de faire un film de marionnettes en pâte à modeler, grâce à un procédé appelé stop motion, ou clay motion.

Il s?agit de photographier chaque position des personnages, des décors pour une seule image. Sachant que 24 images défilent en une seconde, imaginez le travail que représente un long-métrage d?une heure et quinze minutes.

C?est avec même procédé, déjà présent mais rudimentaire dans le King Kong de 1933, puis développé par George Lucas pour Star Wars en 1977, que Burton et Henry Selick avaient utilisé pour L?Etrange Noël de Monsieur Jack, le premier film du genre, réalisé entièrement en stop-motion.

Ce sont les créateurs de marionnettes Ian Mackinnon et Peter Saunders ont fabriqué les personnages des Noces Funèbres à partir d?armatures métalliques, permettant de garantir leur stabilité. Tim Burton a été épaté par leurs prouesses techniques, notamment au niveau de la peau des personnages faite de mousse et de silicone. De plus, ils ont inventé un mécanisme qui permet d?obtenir une plus grande variété d?expressions et de mouvements.

Le résultat à l?écran est évidemment stupéfiant. La magie du modélisme opère comme toujours et l?on appréciera d?autant plus la réalisation artisanale, purement passionnée, des Noces Funèbres, à l?ère du numérique. Et c?est ce savoir-faire qui donne au film son caractère.

Cette histoire d?amour macabre est un délice pour les yeux, un plaisir bien vivant.

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