Publicité

Nicolas Sarkozy en visite à l’île soeur

15 février 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Nicolas Sarkozy se rend à l’île de La Réunion aujourd’hui. Pendant deux jours, il consacrera une grande partie de son emploi du temps à son activité de ministre même si cette visite s’insère avant tout dans sa politique présidentielle. Conséquence : les frais de transport et d’hébergement de M. Sarkozy et de ses collaborateurs (à l’exception de son conseiller pour l’outre-mer et des officiers de sécurité attachés à son service) seront entièrement imputés sur son compte de campagne. Soit, selon l’estimation d’Eric Woerth, trésorier de la campagne, environ 120 000 euros.

Cette clarification a été décidée par Claude Guéant, il y a une dizaine de jours. “C’est exemplaire et c’est plus clair”, explique le directeur de campagne réservé sur la possibilité de distinguer durablement les activités du ministre de celles du candidat. Cette règle, qui s’appliquera à tous les déplacements de M. Sarkozy, traduit la crainte du candidat-ministre devant les accusations de “mélange des genres” venues de la gauche et de l’ Union pour la démocratie française (UDF). Une attaque que M. Sarkozy ne parvient à balayer et à laquelle il cède en partie, tout en soutenant qu’il est le seul à s’imposer l’impératif de quitter le gouvernement avant la présidentielle, au plus tard le 23 mars.

Des précautions avaient déjà été prises. Candidat et ministre peuvent être une seule et même personne mais ils s’efforcent de tenir des comptes séparés. Reste à savoir quelle différence il y a entre le candidat au Mont-Saint-Michel, aujourd’hui, et le ministre, dans deux jours plus tard à Millau. Dans la Manche, M. Sarkozy s’est déplacé à bord d’un avion privé, parti de l’aéroport du Bourget (Seine-Saint-Denis), puis d’un véhicule banalisé et conduit par un militant.

Le prix de l’obstination</B>

Dans l’Aveyron, il avait retrouvé un avion de l’Escadron de transport, d’entraînement et de calibration, parti de Villacoublay (Yvelines) pour effectuer l’aller et retour depuis Paris, sa Vel Satis blindée et son chauffeur. “La seule chose qui ne change pas, explique Franck Louvrier, c’est son environnement.”

Le conseiller-presse du candidat désigne ainsi la voiture suiveuse, et la dizaine de policiers du service de protection des hautes personnalités qui l’accompagnent (SPHP). Leurs émoluments restent à la charge de l’Etat, et leur nombre est déterminé par le SPHP selon la dangerosité du déplacement. “Ce n’est pas négociable, explique-t-on au QG du candidat. Il n’est pas moins exposé comme candidat que comme ministre.”

Cette répartition des rôles ne va pas sans ajustements. Exemple : la visite de M. Sarkozy à Charleville-Mézières, le 18 décembre, effectuée comme candidat et ministre de l’Aménagement du territoire. Ce jour-là, les journalistes désireux de suivre toute la visite ont été promenés aux frais de l’Etat de Paris à Rethel (Ardennes) pour la visite d’une ferme, puis à Charleville où le candidat a prononcé un discours sur l’aménagement du territoire, et enfin à Bogny-sur-Meuse pour suivre la visite d’une fonderie.

C’est alors que le ministre, redevenu candidat, s’en est retourné à Charleville pour tenir meeting ; les journalistes, eux, ont changé d’équipage pour attraper un véhicule affrété cette fois par l’Union pour un mouvement populaire (UMP). Dans le même temps, un autre bus, payé par le parti, quittait le siège de l’UMP, à Paris pour voiturer les médias intéressés par la seule réunion publique. Le meeting terminé, tout ce petit monde a ensuite regagné Paris gracieusement, pour y être déposé sans encombre.

Ministre candidat, M. Sarkozy est également président de l’UMP. A ce titre, comme ses adversaires, il jouit des moyens de son parti. Les 3,5 millions d’euros du congrès d’investiture de la porte de Versailles, budgété aux alentours de 3,5 millions d’euros, seront pris en charge par le parti et par le compte de campagne. La clé de répartition ? La partie du congrès comprise entre l’ouverture des portes vers 9 h 30 et la proclamation des résultats aux alentours de 13 h 45 serait imputée au parti, le reste étant à la charge du candidat. Il n’y a pas de petits bénéfices...

Les collaborateurs de M. Sarkozy ont dû également se plier à cette règle de “transparence”. Depuis le 14 janvier, date de la désignation officielle du candidat de l’UMP, Claude Guéant (directeur de campagne), David Martinon (chef de cabinet), Rachida Dati (porte-parole) et Franck Louvrier (communication) sont officiellement détachés du ministère de l’Intérieur et leurs salaires intégralement rattachés au compte de campagne du candidat.

Pour M. Sarkozy, le problème est moins de démontrer son honnêteté que de gérer les risques politiques inhérents à sa fonction. Plus il reste ministre, plus il apparaît comme un privilégié – salarié de l’Etat pour 11 000 euros mensuels, dormant et mangeant aux frais des contribuables – et comme le tireur de ficelles d’un théâtre d’ombres où s’agitent fonctionnaires des renseignements généraux et policiers aux ordres. Son obstination à se maintenir à son poste a peut-être des avantages. Elle finit par avoir un prix.

Philippe RIDET

© Le Monde 2007

Distribué par The New York Times Syndicate</B>

Economie : étude sur le surendettement à La Réunion</B>

Une délégation du conseil économique et social de la République était en visite dans le département la semaine dernière pour rencontrer les partenaires locaux du surendettement. Leur rapport national doit sortir fin octobre.

A la Réunion, 759 dossiers de surendettement ont été déposés en 2006. Depuis 1990, ce sont près de 9 000 ménages réunionnais qui, un jour, se sont retrouvés dans l’incapacité de faire face à leurs dettes.

Après un séjour aux Antilles en mars, ils entameront la rédaction de leurs rapports, avis et recommandations au Premier ministre. Le document doit être publié au Journal officiel fin octobre.

Parmi leurs interlocuteurs, l’Iedom (Institut d’émission des départements d’outre-mer) leur a dressé l’état des lieux le plus récent du surendettement à La Réunion. Selon ses données, depuis la mise en place de la commission de surendettement à la Réunion en 1990, 8 978 dossiers ont été déposés à fin décembre 2006, ce qui représente plus de la moitié des dossiers enregistrés dans les départements d’outre-mer (Dom) sur la période.

Après une phase exceptionnelle de croissance en 2000-2001, le rythme a repris une pente ascendante normale jusqu’à un pic en 2005, avant de se tasser légèrement l’an passé (55 dossiers de moins en 2006).

<I>© JIR</I>

Publicité