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National Milk, lait caillé à l’état brut
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National Milk, lait caillé à l’état brut
“Pour cause de maladie”. Le diabète est source d’inspiration pour Vishwanath Gowreesunker. Planteur à ses débuts, il s’est lancé dans la production industrielle de lait caillé sans sucre. En boisson ou comme ingrédient, les choix sont multiples.
“Tant à Maurice et dans le monde, ils sont nombreux à se convertir aux végétarisme, d’une part. Et de l’autre, ils cherchent une alimentation équilibrée. Le lait caillé cadre bien avec cette philosophie”, affirme Vishwanath Gowreesunker. Le caillé à base de lait de vache reste très ancré dans les habitudes locales, tant sous forme de boisson que d’ingrédient aux repas.
Forte de cette demande, la National Milk & Allied Products démarre ses activités en janvier. Ses quatre employées produisent quelque 250 litres de ce produit par jour, qui sont placés dans diverses boutiques et grandes surfaces à travers le pays. L’investissement initial se chiffre à Rs 800 000.
Ses bouteilles viennent s’ajouter à des rayons déjà encombrés. Le marché des produits laitiers frais, en effet, est inondé par de multiples marques, ancrées dans les mœurs du consommateur. Et le caillé se vend en une variété de déclinaisons : en petits pots ou en bouteilles, sucré ou aromatisé. “Au client de juger. Milait se veut être un produit différent”, indique le directeur de l’entreprise. Pour se démarquer de ses puissants concurrents et cerner son marché, le directeur dit jouer sur la spécificité de son caillé : une boisson plus riche et plus épaisse.
Sa consommation quotidienne de lait en poudre est gargantuesque (250 kg par semaine) mais limitée cependant. Les aléas de l’importation ne permettent pas un approvisionnement régulier. En effet. Très souvent, l’entreprise a suspendu ses activités, dans l’attente de la précieuse poudre. Le prix n’a cessé de grimper. “Pour une pochette de 50 kg, en neuf mois, le coût a augmenté de Rs 250”, indique le directeur. Du coup, il envisage d’en importer directement de l’Inde.
L’alimentation est sujette à des normes d’hygiène strictes, d’autant plus que le lait demeure un produit sensible, tant au changement de température qu’aux dosages d’additifs altérés. Le moindre contact avec un organisme externe entraîne une détérioration du produit, ce qui explique l’utilisation du lait en poudre, plus résistant à la contamination.
À défaut de posséder des équipements de vérification, le directeur a conçu un moyen simple. Pour tout lot produit, il en garde une bouteille en observation au réfrigérateur. Au moindre goût acide prononcé, la National Milk & Allied Products se propose de remplacer le volume affecté. Chaque mois, des échantillons sont envoyés au laboratoire de Candos, pour des vérifications additionnelles.
Ce même lait caillé se fera matière première, à son tour, pour la fabrication de dés de fromage, le paneer, très utilisé dans la cuisine indienne. L’entrepreneur se fixe une production hebdomadaire de 50 kg à écouler auprès du grand public. Entre-temps, les tests se poursuivent sur le lait caillé aromatisé, à être commercialisé dans des petits contenants.
Les projets ne manquent pas. Pour se démarquer de la culture de la canne, il a tenté l’aventure en érigeant un marché flambant neuf à proximité de sa maison. En vain. Les maraîchers lui ont fait faux bond. Le lait caillé se présente ainsi comme un nouveau produit à promouvoir face à la culture de la canne qui bat de l’aile.
D’une part, Vishwanath Gowreesunker, chimiste de formation, compte se rendre en Inde pour diversifier sa gamme de produits à base de lait caillé, avec l’inclusion de fruits. Et de l’autre, il veut se lancer dans l’exportation, en attendant de surmonter ses difficultés d’approvisionnement en matières premières. Mais créativité et innovation ne suffisent guère tant que l’entrepreneur ne s’investit pas dans le marketing…
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