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?My dear friend?, l?échange entre Flinders et Pitot

14 décembre 2003, 20:00

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?My dear friend?, au titre instantanément parlant, est l?histoire d?une relation épistolaire exceptionnelle entre le capitaine Flinders, l?Anglais, et Thomi Pitot, homme d?affaires et de lettres d?ascendance française. Paru aux éditions Le Printemps, le livre a pris forme grâce au professeur Marc Serge Rivière, éditeur pour l?occasion. Il a été lancé le 21 novembre dans le sillage des célébrations du bicentenaire de la présence, en Terres australes, de Matthew Flinders et de Nicolas Baudin, navigateurs-explorateurs anglais et français respectivement.

Une réussite éditoriale, My dear friend est la somme de quatorze lettres offertes à la municipalité de Curepipe par Adrien d?Epinay. S?ajoutent à cela, neuf autres appartenant à la Bibliothèque nationale. Vingt-deux de ces lettres écrites entre 1806 et 1814 sont adressées par Flinders à Pitot, et une de Pitot à Flinders. L?ouvrage, très aéré et agréable à consulter, est abondamment illustré. On y trouve des reproductions de cartes de l?Isle de France, des dessins et gravures de l?époque, comme des fac simile de lettres transcrites par Serge Rivière.

Flinders, échoué à Baie-du-Cap et fait prisonnier, ? la guerre entre la France et l?Angleterre ayant repris ? avait, entre 1795 et 1804, tracé les cartes de la côte australienne. De quoi susciter l?admiration de Pitot. Ce dernier, brillant intellectuel formé à Paris, homme de lettres à l?autorité reconnue, par ailleurs aussi compétent du côté des affaires et de la politique, aura, sans doute aucun, apprécié tout autant chez Flinders ses qualités de musicien, poète et écrivain. Des traits qui ressortent à la lecture de My dear friend. Serge Rivière écrira que Pitot est avant tout connu comme l?auteur de la publication titrée Quelques observations sur l?ouvrage intitulé ?Voyage à l?île de France par un officier du Roi??. Vu sa situation avantageuse sur tous les plans, Pitot se fera la tête pensante auprès de personnalités influentes de divers milieux, tant à l?Isle de France qu?en France, de la libération de son ami, et de son retour au pays natal.

Reconnaissant et fidèle, l?Anglais lui fournira, de sa Blonde Albion, bien des renseignements qui lui seront utiles. Matthew Flinders aura, par ailleurs, convaincu son ami d?abandonner toute action qui pourrait attiser les hostilités entre Anglais et Français. On est alors à une période où l?île se trouve sur un fil entre Français et Anglais. Ahmad Sulliman des éditions Le Printemps, devait parler, au lancement, de l?éclairage que jette le présent ouvrage sur cette période charnière de l?Histoire de l?île.

My dear friend, véritable joker du professeur Rivière, est aussi une première pour la municipalité de Curepipe. Qui n?aura jamais jusqu?ici tiré profit des lettres précieuses léguées par Adrien D?Epinay, entre autres documents dont elle a la garde, et qui sont conservés à la bibliothèque Carnégie. Gérard Colin, maire de Curepipe, devait le rappeler lors du lancement.

Pour parler du travail accompli, impliquant les quatre mois de la recherche et la réalisation de l?ouvrage, le professeur Marc Serge Rivière cite Maurice Blanchot : ?Dans L?Entretien infini, L?Absence du livre ,Maurice Blanchot a énoncé : ?Ainsi, nous savons que compte moins l??uvre que l?expérience de sa recherche et qu?un artiste est toujours prêt à sacrifier l?accomplissement de son ouvrage à la vérité du mouvement qui y conduit.? Le Professeur remarque que si l?ouvrage, ici, n?a pas été sacrifié, l?expérience de la recherche a été enrichissante.

Serge Rivière a enseigné le français et la littérature française à Maurice, en Ecosse, au Canada, en Australie, en France, et en Irlande. Ecrivain, il a publié une quinzaine de livres sur la littérature et l?histoire sociale du XVIIIe siècle, des manuscrits de voyages scientifiques et transculturels des XVIIIe et XIXe siècles.

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