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Monsieur Ibrahim et la fable ?cuménique
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Monsieur Ibrahim et la fable ?cuménique
Première morale de la fable : ne pas s?alarmer à l?énoncé du titre. Dépasser sa nette référence religieuse. Pour mettre ses pas dans ceux de Momo, 13 ans, adolescent juif paumé dans le Paris des années 60. Sa mère est partie en l?abandonnant à son époux dépressif. C?est un père qui s?absente de plus en plus. Livré à lui-même, Momo, diminutif de Moïse, rogne sur les sous du ménage pour se payer du réconfort auprès des ?jolies dames consolantes de la rue du Paradis.?
Une errance qui culminera avec son amitié pour Monsieur Ibrahim, l?épicier arabe de la rue Bleue. ?Mais les apparences sont trompeuses : un homme pointe sous l?enfant, l?épicier n?est pas arabe et la rue Bleue n?est pas bleue?? C?est là l?analyse de Bruno Kremer (photo), le comédien qui interprétera Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran au théâtre de Port-Louis le samedi 4 octobre. L?unique représentation de ce monologue présenté par le Centre Charles Baudelaire, débutera à 20 heures.
Texte signé Eric-Emmanuel Schmitt, mis en scène et joué par Bruno Kremer, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, se veut avant tout un ?récit savoureux, pittoresque et drôle, émouvant sur le plan humain et instructif sur celui des idées reçues.? Basé sur le monologue d?un homme seul en scène qui égrène ses souvenirs d?enfance, la pièce est articulée autour des rapports entre Momo et Monsieur Ibrahim, d?abord son père spirituel puis adoptif. ?L?épicier arabe qui n?est pas arabe?, se révèle être en réalité un musulman de tradition soufi, ? forme mystique, poétique et antilégaliste de l?Islam,? définition de l?auteur de la pièce, Eric-Emmanuel Schmitt.
Monsieur Ibrahim, ?fidèle à cette voie ésotérique de l?Islam qui a donné naissance aux derviches tourneurs?, entraînera Momo et les spectateurs dans un parcours initiatique sur les routes du Croissant d?Or, doublée d?une promenade dans le Paris des années 60. Prouvant qu?être ?juif et soufi n?est pas incompatible,? Monsieur Ibrahim n?aura de cesse de ?nous choper à la gorge avec son trop plein d?amour, pour nous donner vraiment envie d?être heureux.?
Mélange de fiction et de rêve, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, est, selon la critique du Figaroscope, ?un monologue d?une très belle sensibilité. Ce n?était pas si simple, l?angélisme guettant un tel sujet.? Toujours selon cette publication, l?auteur a su éviter les écueils des bons sentiments et résister à la tentation d?étaler sa culture religieuse. Une finalité servie par l?interprétation qualifiée de ?toute en tendresse et émotion? de Bruno Kremer.
Seul en scène, il compose avec quatre éléments de décor : un escabeau, un tabouret, un fauteuil et un rideau diaphane. Sa mission : endosser tous les rôles : Momo, Monsieur Ibrahim, le père absent et cette ?rue Bleue qui n?est pas bleue.? Le tout dans une mise en scène épurée agrémentée de notes de musiques soufi signée Aram Kerovpyan. Pour arriver à un spectacle conçu pour ?ceux qui savent ?qu?on apprend plus avec quelqu?un qu?avec le livre? que la lenteur est le secret du bonheur et que la beauté est partout où l?on pose les yeux.?
Une véritable leçon de tolérance concoctée par Eric-Emmanuel Schmitt auteur dramatique dont le style se démarque par sa volonté de s?attacher aux mystères de la vie. Agrégé de philosophie de l?Ecole Normale Supérieure, il y a soutenu une thèse sur Diderot, avant de passer maître de conférences à l?université de Chambéry. Une activité qu?il conjugue avec l?écriture de pièces telles que Le Visiteur pour laquelle il a décroché le Molière du meilleur spectacle. Il a également adapté en français Les Noces de Figaro de Mozart et recréé le mythe de Don Juan avec La Nuit de Valognes en 1991. Variations Enigmatiques, sa pièce la plus jouée a été créée en 1996 par Alain Delon et Francis Huster. En 2001, l?Académie Française décernait à Eric-Emmanuel Schmitt, le Grand Prix du théâtre pour l?ensemble de son ?uvre. La version cinématographique de Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran est sortie le mois dernier sur les écrans français. Le rôle-titre y est interprété par Omar Sharif.
Prix des places : Rs 200. Les billets sont en vente au CCB, au CCEF, à l?Alliance française, Bell-Village, au Cifod et au Kiosque d?information du Caudan Waterfront.
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