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Mondial: chaque stade porte les traces de l’Histoire

2 juin 2006, 00:00

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Il ne faut pas se fier aux odeurs de peinture fraîche. Les 12 stades de la Coupe du monde renferment presque tous des traces de l’histoire récente de l’Allemagne.

Le pays hôte de la compétition a investi 1,5 milliard d’euros pour que ses équipements soient prêts à temps, mais seules l’Allianz Arena à Münich et l’Arena AufSchalke à Gelsenkirchen sont des enceintes entièrement nouvelles.

Les dix autres stades sont d’anciennes structures, dont certaines ont été simplement rénovées, d’autres reconstruites.

Ce programme de grands travaux extrêmement coûteux n’a fait l’objet d’aucune critique en Allemagne.

La France, dernier pays européen en date à avoir accueilli la compétition reine, a même loué la qualité des installations.

“Lorsque je regarde ces stades (allemands), je me sens un peu honteux des stades que nous avions à proposer”, a estimé Michel Platini, président du comité d’organisation en 1998.

L’Olympiastadion de Berlin, où se disputera la finale le 9 juillet, est emblématique des installations outre-Rhin.

Vu de l’intérieur, il s’agit d’un ovale moderne, avec une piste bleu foncé et un système d’éclairage très perfectionné.

Pourtant, ce bâtiment, imaginé par Werner March, fait partie de l’histoire allemande.

C’est dans ce stade, construit de 1934 à 1936, que l’Américain Jesse Owens a décroché quatre médailles d’or lors des Jeux olympiques de 1936, sous les yeux d’Adolf Hitler.

Lors de la Coupe du monde 1974, seuls quatre matches de poule s’y sont déroulés.

Un chantier de quatre ans et 242 millions d’euros ont permis à l’Olympiastadion d’accueillir la finale de l’édition 2006.

Au total, six stades ayant déjà servi lors du Mondial 1974 sont de nouveau réquisitionnés, plus ou moins retouchés.

Un seul stade en ex-Allemagne de l’est</B>

L’AOL Arena de Hambourg a été le théâtre en 1974 du plus célèbre but du football allemand, lorsque Jürgen Sparwasser a marqué pour l’Allemagne de l’Est, opposée pour la seule fois de son histoire à sa rivale de l’Ouest.

Peu convivial, le Gottlieb-Daimler-Stadion à Stuttgart n’a guère changé en 32 ans, présentant toujours la même piste d’athlétisme qu’en 1974, alors que le Niedersachsenstadion à Hanovre a été pratiquement entièrement reconstruit.

Le Westfalenstadion à Dortmund, construit pour la Coupe du monde de 1974, avait accueilli la demi-finale perdue 0-2 par le Brésil face aux Pays-Bas.

Ce stade, qui aura une capacité de 66 000 places assises durant la compétition, compte parmi les enceintes les plus intimidantes pour les équipes en déplacement.

A Francfort, le Waldstadion a été reconstruit sur le site

du stade qui avait vu en 1974 la victoire 4-2 en demi-finale de l’Allemagne face à la Pologne, sur terrain trempé.

Le Müngersdorfer, à Cologne, n’avait pas été retenu pour participer à la compétition en 1974, et a été entièrement rebâti en vue du Mondial 2006.

Le Frankenstadion de Nüremberg est de plus sinistre mémoire, puisqu’avaient l’habitude d’y défiler les jeunesses hitlériennes.

Environ 90 millions d’euros ont été déboursés pour adapter le Zentralstadion de Leipzig aux normes de la Fifa.

Construite en 1956 avec une capacité de 100 000 places à l’époque, cette enceinte est la seule infrastructure d’Allemagne de l’Est retenue pour la Coupe du monde.

A Kaiserslautern, le ritz-Walter-Stadion, bâti en 1920, a été restauré à plusieurs reprises. L’ovale doit son nom au capitaine de la sélection allemande victorieuse de la Coupe du monde en 1954.

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