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Modeste célébration de l?abolition de l?esclavage
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Modeste célébration de l?abolition de l?esclavage
On ne parle, ces jours-ci, que de la célébration du 172e anniversaire de l?abolition de l?esclavage à Maurice. Un comité ministériel prépare de longue date cette commémoration. Il s?applique d?autant plus qu?il subodore un toujours possible intérêt soudain d?un Premier ministre hyperattentif à ce qu?aucune fausse note ne vienne à la dernière minute entacher sa popularité auprès des descendants d?esclaves. Ce 172e anniversaire coïncide de plus avec la candidature officielle du dossier de notre Morne Brabant. Il s?agit de l?inscription de ce site, aussi mythique que légendaire, au registre du patrimoine mondial. Réjouissons-nous car voilà un pan, sinon une parcelle, de notre patrimoine historique qui sera, espérons-le, dûment préservé et qui pourrait nous consoler de tous nos autres vestiges historiques, systématiquement vandalisés, avec parfois même la pieuse bénédiction des autorités gouvernementales (fouilles archéologiques refusées sur le site du Hawkers Palace, transformation de fortifications côtières en décor d?opérette, statue de tribun de la liberté profanée, école Onésipho-Beaugeard en voie de démolition idéologique, Hôtel du Gouvernement plus ou moins carbonisé, épée de Damoclès sur la School de la rue Edith-Cavell, abondants vestiges historiques de GRNO à l?abandon ou presque, vol de canons séculaires, clôtures funéraires en fer forgé du XVIIIe siècle vandalisées au Cimetière de l?Ouest, volées pour être vendues en guise de vieille ferraille à des receleurs bien protégés, bâtiments en pierres grossièrement bétonnés par de pseudos maçons, l?hôpital civil défiguré par l?adjonction de bâtiments en béton, etc.).
En 2007, c?est à qui veut s?ériger plus abolitionniste et plus historien-expert que les autres. Chacun y va de son article ou de son livre, plus ou moins inédit, tandis que d?autres se contentent de cracher leur venin sur certaines sections de la population ou sur des investisseurs étrangers, coupables à leurs yeux de vouloir s?implanter à Maurice et déverser leurs dollars et euros sur une terre mauricienne, arrosée par le sang et la sueur des esclaves et des coolies, les membres les plus dignes d?intérêt de notre grande famille mauricienne.
En février 1982, point de tout cela. Le plus épais des silences recouvre d?un voile opaque un événement considéré, en 2007, comme fondateur de l?histoire de notre pays. On cherche en vain, par exemple, dans la presse travailliste et militante, la seule à n?être pas irresponsable ni prostituée, le moindre entrefilet, susceptible de mettre quelque peu en exergue le 147e anniversaire de l?abolition de l?esclavage. En tirant un peu sur les cheveux, on peut se réjouir que notre MBC/TV consacre, à Quartier Militaire et à notre Alphonse Ravaton national, sa Visite aux Villages qui y obtient un succès qui, pour être coutumier, n?en est pas moins réel et mérité. Occasion est donnée à Ti-Frère de raconter à 3 000 auditeurs ses débuts de ségatier. Claudio et ses Sataniks lui prêtent main forte et interprètent ses vieux succès. Jos Henry et Yvon Macabé ne sont pas moins reconnaissants envers leur glorieux aîné et doyen. La foule plébiscite Bye Aboo. Michèle Etienne et Jean Claude Gébert animent la célébrissime émission télévisée. Manda Boolell et Yan Jankoo en assurent la réalisation. Ils annoncent d?autres visites à d?autres villages dont Rose Belle, Rivière du Rempart mais aussi Chemin Grenier, Souillac et même Quatre Cocos. Comme quoi on peut se souvenir et commémorer même inconsciemment.
Point de caméras télévisées, d?animateurs, de réalisateurs ni de ségatiers populaires, en revanche, au Jardin de la Compagnie, en ce 1er février 1982. Le cyclone Electre rôde dans les parages comme Dora, vingt-cinq ans après. Le temps incertain et inclément encourage l?abstentionnisme. C?est dire qu?on ne se bouscule pas autour de l?obélisque, difficilement érigé non sans peine, en ce lieu historique par l?Organisation Fraternelle. Celle-ci est déjà fortement représentée par ses dirigeants Sylvio et Elie Michel. Des membres de la communauté iloise les soutiennent et les accompagnent dans leur démarche respectueuse, respectable et exemplaire. Ils évoquent longuement le temps margoze de l?esclavage, l?abolition contestée du 1er février 1835, les esclaves qui deviennent arbitrairement des apprentis toujours corvéables, tant aux champs que dans la grande case des grands missiés. Elie déplore l?absence de tout rappel, tant radiophonique que télévisuel, d?un tel événement. Il affirme que le calvaire des Chagossiens n?est pas moins douloureux et insupportable que celui des ancêtres esclaves. Charlésia Alexis confirme. Arianne Navare, pas encore Marie mais encore OF, donne lecture de larges extraits de la proclamation de l?abolition de l?esclavage, rédigée par le gouverneur William Nicolay, extrait publié dans le livre de Rivaltz Quenette, La fin d?une légende. A relire pieusement en ces jours commémoratifs.
Question à mille roupies dépréciées (ne pouvant même pas régler les frais d?examens réclamés par l?Université de Cambridge). Qui, avant Rivaltz Quenette, les frères Michel et leur OF, rendent, à Maurice, l?Hommage dû à l?abolition de l?esclavage, à la contribution des anciens esclaves et de leurs descendants à l?édification de la Nation mauricienne ?
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