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MMM : Je demande ta Main - PSM : Ton Coeur est à moi
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MMM : Je demande ta Main - PSM : Ton Coeur est à moi
Coup de théâtre dans le Landernau politique, à la mi-1980 : le MMM (emblème C?ur) et le PSM (emblème Main) discutent une possible alliance électorale. La non-célébration de cet anniversaire politique pourtant si décisif donnera-t-elle des idées de re-refiançailles à l?un ou à l?autre cerveau (s?il y en a encore) de ces deux partis politiques, en pleine déconfiture ou, pour faire plus local, dans caro cannes, s?il s?avère que la seule politique, qui compte, aux yeux d?un électorat, plus zougadère qu?idéologue, se passe au One and Only Hôtel du Gouvernement et que bagasse sont ceux n?étant pas des happy few locataires dudit bâtiment ni des inner circles qui comptent.
Pas de dîner à River Walk en vue, ni de Tea Party à la menthe à Belle-Terre, en cette fin d?année électorale 2005. Faut reconnaître que les fins de mandat électoral sont plus propices aux arrangements électoraux en catastrophe, du style accord Med-Point. Les projet de fiançailles politiques prématurés, du style Bérenger-Dulloo en 1997-98 ou encore Bérenger-Jugnauth avant l?échec électoral de Françoise Labelle, dû aux billets de banque généreusement distribués par un petit Suisse, résistent difficilement aux tentatives de zizanie fomentées par l?adversaire.
Autre différence et de taille : il y a 25 ans, le PTr de SSR, Ringadoo, Walter, Jagatsingh, sent terriblement la fin de règne. Les rats contestataires quittent le navire rouge et prennent les meilleures places à bord des canots de sauvetage. Ce qui rend encore plus méritoire le geste de Vijay Venkatasamy, quittant un canot de sauvetage pour prendre place à bord d?un Titanic piquant déjà du nez. Tout autre est, aujourd?hui, le PTr de Navin Ramgoolam. Il touche le fond de l?abîme dans les années 1985 et 1990. Il amorce alors une nouvelle courbe ascendante, grâce à l?élection de seulement trois députés travaillistes mais grâce surtout à l?action décisive sur le terrain et dans les médias de Vasant Bunwaree et de Joseph Tsang Mang Kin, les rares Mauriciens à croire dans un revival travailliste alors que la majorité chante la force et la puissance de la réunification de la famille militante MSM-MMM. Le Bon Dieu, qui protège plus particulièrement le PTr, inspire, sans doute, le fameux dîner de River Walk qui permet à Navin de s?installer, peut-être prématurément, de 1995 à 2000, dans le fauteuil premier-ministériel de son défunt père. Sa cuisante défaite électorale du 11 septembre 2000 le prouvera. Le revoilà aujourd?hui solide et unique leader, maître incontesté de toute l?île Maurice, villages et villes compris. On pourrait comparer la présente position imprenable de Navin Ramgoolam à celle de son père, en mars 1959 quand pour la seule fois de son histoire son parti possède une majorité absolue au Parlement. Les trois députés du Parti mauricien (Koenig, Ythier et Rey) font songer aux trois seuls conseillers municipaux MSM-MMM de 2005. Il faut l?action successive de G. Duval (1960-69) et de Bérenger (1969 et depuis) pour terrasser l?emprise travailliste sur l?île Maurice (1959-1982). Cette emprise est aujourd?hui plus forte que jamais car, en 1959, le PTr ne fait pas la loi en ville ni dans une partie du Sud. Mais présente suprématie n?est pas synonyme d?invincibilité. L?on sait ce qu?il advient, le 3 juillet 2005, de celle créée par l?accord Med-Point. La durée est tout en politique. Tout vient à point à qui sait attendre.
A la mi-décembre 1980, on parle donc de projet d?alliance entre MMM et MSM. De part et d?autre, on confesse l?existence de rencontre officielle en vue d?une éventuelle alliance électorale. Le MMM est représenté par Jugnauth, Bérenger, Bhayat et de l?Estrac et le MSM par Boodhoo, Kishore Deerpalsingh et Yousouf Maudarbacus. La réunion a lieu à Curepipe. Le secret est bien gardé. Des sondages discrets sont entrepris de part et d?autre pour s?assurer que la base suivra. Il paraît évident, en effet, qu?il sera plus facile de vaincre ensemble, plutôt qu?en forces séparées, la vieille garde PTr-PMSD. Ce bon sens politique, prônant le rassemblement, fera souvent défaut par la suite à des moments stratégiques.
Mais déjà des voix discordantes se font entendre. Serge Rayapoullé du comité central MMM réclame la suspension des discussions car le politburo mauve n?est pas mandaté à cet effet par le comité central de la même couleur. Bérenger rassure la base : toute alliance électorale doit être ratifiée par les deux tiers du comité central. Mais ce que Bérenger veut, le MMM également. La presse travailliste en profite pour rappeler ses droits à la base du MMM.
S?il n?y avait que les fiançailles du MMM avec le MSM. Les mamours reprennent de plus belle entre Bérenger et le secteur privé. Il y aura remise à jour du programme MMM et un shift majeur des priorités politico-économiques. A prévoir un enterrement de première classe pour les nationalisations qu?impose l?idéologie marxiste. Le MMM s?entoure de techniciens et de spécialistes. L?annonce par Jagatsingh qu?une alliance électorale PTr-PMSD est presque faite, tombe comme un cheveu sur la soupe d?autant plus qu?elle ne se fera pas, le PTr, déclinant de plus belle, préfèrera le PAN à un PMSD exigeant une reconnaissance officielle de sa représentation exclusive de la population générale. Pour ce que cela signifie.
Il y a 25 ans, l?espoir n?est pas du côté du Labour.
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