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Mgr Margéot : pour une politique au service de l’homme

13 mars 2007, 00:00

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L’évêque de Port Louis, Mgr Jean Margéot, consacre son Mandement de Carême 1982 à la place de la politique dans la vie de tout homme. Il l’intitule “Pour une politique au service de l’homme”, titre qui est en soi tout un programme.

Le vote de chaque électeur, son choix électoral se fait en 1982 dans un contexte économique difficile. Comme quoi les quarts de siècle se suivent et se ressemblent. Laissons dire nos économistes qui de 1982 ou de 2007 est “ène tiguitte pli difficile ki l’autre”. Il y a, en 1982, marasme, ralentissement du taux de croissance, augmentation constante du taux de chômage qu’aggrave la réduction de la création de nouveaux emplois productifs. Le chômage est un drame quant il affecte un père ou une mère de famille. Le chômage est déshumanisant, surtout pour les jeunes en quête d’un premier emploi. La double dévaluation de la roupie, inadéquatement compensée entraîne une diminution du pouvoir d’achat. La pauvreté grandissante va de pair avec une inquiétante recrudescence des vols, de la violence, de l’alcoolisme, de la toxicomanie, du trafic de drogue, du communalisme. Malgré, les élections législatives doivent avoir lieu, le plus librement, avec le plus de démocratie et d’équité possible.

Dans le premier volet de sa Lettre pastorale, l’évêque de Port Louis rappelle les grandeurs et les misères de la politique. La solution à chacun des problèmes se posant à la population est d’ordre politique. Son quotidien est réglé par les décisions prises au Parlement. La politique doit demeurer au service du peuple. Nombreux sont toutefois ceux qui se méfient de politiciens, considèrent la politique comme une magouille pour s’approprier du pouvoir à des fins égoïstes et la réduisent à une lutte partisane (pas encore interchangeante). Une telle dévalorisation est inquiétante car elle trahit la forme la plus noble de la charité. Nous devons donc réhabiliter la politique en exigeant de nos politiciens et plus spécialement de leurs leaders qu’ils lui rendent ses lettres de noblesse, en privilégiant l’esprit de service désintéressé et universel.

Chacun doit prendre conscience de l’importance de son droit de vote. Nous devons choisir les meilleurs parmi les candidats briguant nos suffrages. S’abstenir, rester sur la touche, permettre aux autres de voter à notre places, c’est déchoir.

Notre vote doit être libre et, par conséquent, pas indûment influencé par des considérations que nous rejetons par ailleurs. Il doit être réfléchi et effectué en connaissance de cause. Le rôle d’une communauté religieuse et de ses dirigeants n’est jamais de dire aux fidèles pour qui voter. Elle ne peut que les inviter à voter pour les candidats dont les actes, la manière de vivre, d’agir, de se comporter avec les autres, de servir les autres correspondent le mieux aux valeurs prônées par leurs convictions religieuses.

L’évêque de Port Louis parle ensuite de la politique au service de l’Homme. Nous devons promouvoir certaines valeurs si nous voulons respecter les droits inaliénables de nos frères et sœurs. Sans certaines libertés fondamentales, l’homme n’est plus un homme, créé à l’image de Dieu. Des dictatures de toutes sortes, aussi bien politiques qu’économiques et culturelles, étouffent ces libertés fondamentales. Elles incluent la liberté du choix de ses convictions religieuses, de les pratiquer et d’initier nos enfants. Elles concernent aussi les libertés d’opinion, d’expression et d’association. Elles obligent les autorités, que nous élisons, à respecter les corps intermédiaires, autrement dit les associations de citoyens, nous permettant de nous organiser pour mieux défendre collectivement nos droits et nos intérêts et ceux des plus démunis d’entre nous. Elles supposent le respect absolu de notre droit de choisir librement le projet éducatif le plus respectueux de nos convictions religieuses. Il serait dangereux de voter pour des candidats ouvertement opposés à cette liberté scolaire.

Nous devons voter pour des candidats les plus respectueux de notre constitution et des lois en vigueur. Cela veut dire refuser de voter pour ceux se considérant au-dessus de la loi.

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