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Mgr Margéot : Ce bien commun résumant nos libertés fondamentales
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Mgr Margéot : Ce bien commun résumant nos libertés fondamentales
Le respect absolu des libertés fondamentales se résume finalement dans une valeur essentielle : le sens du bien commun, autrement dit les conditions permettant l’épanouissement de l’Homme, de tout homme. Le bien commun est au service de la personne humaine. La société n’est pas faite pour se servir des hommes mais pour les servir et leur permettre de réaliser ce pour quoi ils existent, à savoir devenir le plus parfaitement possible l’image de Celui qui nous a créés. La société n’a jamais le droit de priver quelqu’un de ses libertés fondamentales.
En revanche, chaque citoyen a le devoir de contribuer activement au maintien et à la promotion des conditions favorisant l’épanouissement plénier des hommes, de chaque homme. Notre contribution aux impôts directs et indirects est un des moyens à notre disposition de promouvoir le bien commun de notre société. Nous y participons en créant des emplois respectueux de la condition humaine. Nous y participons en promouvant le respect de la nature et en veillant à ce que l’environnement dans lequel nous devons vivre soit le plus épanouissant possible, tout en respectant scrupuleusement les droits des générations à venir. Le bien commun condamne bien sûr toute forme de favoritisme mais prône la méritocratie la plus grande.
Dans le 3e volet de sa Lettre pastorale pour la Carême 1982, Mgr Jean Margéot nous invite à dépister les démagogies entre autres idéologiques. Les différentes écoles de pensée politiques privilégient certaines valeurs parfois aux dépens des autres. Certaines idéologies privilégient les libertés et d’autres la justice. Cela peut favoriser des abus comme prôner des libertés même en créant des injustices notoires ou encore restreindre certaines libertés pour prétendument promouvoir la justice. Justice et libertés doivent s’inspirer du plus grand amour fraternel qui soit au service des autres et des plus pauvres.
Les valeurs religieuses et plus particulièrement évangéliques l’emportent donc sur tous les programmes politiques, sur toutes les idéologies, parce qu’elles prônent l’amour de Dieu et des hommes, le plus parfait qui soit. Le politicien, plus que tout autre, doit méditer sur ces valeurs religieuses et vérifier à tout moment comment elles doivent influencer ses actions et les décisions qu’il doit prendre. Elles prônent, entre autres, le respect des pauvres, la défense des faibles. Elles dénoncent les dangers de la recherche à tout prix de la richesse, du totalitarisme sous toutes ses formes y compris culturelles.
L’évêque de Port Louis condamne toute velléité d’associer excessivement les valeurs religieuses à une idéologie politique quelconque en vertu de certaines considérations ethniques ou culturelles. Nous ne devons pas confondre ce qui est à Dieu et ce qui est à César. Dieu veut que César gouverne les hommes le mieux possible. César ne doit jamais utiliser Dieu pour mieux asservir les hommes qu’il doit gouverner. Il doit servir les hommes et non s’en servir. Comme Jésus Christ au désert, nous devons savoir résister aux tentations du pouvoir.
Il ne faut pas voir dans la distinction à faire entre valeurs religieuses et valeurs politiques une quelconque invitation à nous désintéresser de la politique. Au contraire, c’est pour pouvoir s’adresser au choix libre de tout homme que les valeurs religieuses et les dirigeants qui les défendent doivent refuser de se laisser inféoder par un quelconque bloc politique. Aucun politicien ne doit chercher à exploiter la force morale d’une communauté religieuse au service de son bloc idéologique. Et nous devons craindre comme la peste les politiciens exploitant des circonstances religieuses pour promouvoir bassement ses ambitions politiques.
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