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Mesure du bien-être
Par Raj MEETARBHAN</B>
Ce n?est pas le bonheur absolu mais le développement humain est considérable chez nous. Dans un classement mondial de 177 pays, établi selon un indice évaluant le bien-être individuel ou collectif, Maurice occupe la 65e place. Elle se trouve dans la catégorie des pays à Indice de Dévelop-pement Humain (IDH) élevé.
Publié par l'ONU chaque année, le rapport sur l?IDH est très attendu car il est un des rares à tenir compte davantage de critères qualitatifs que de production économique. L'indice établi cette année sur la base des données collectées en 2005 devrait nous inciter, une fois de plus, à relativiser l?importance des problèmes qui nous confrontent. Certes, l?indice Idh ne mesure pas la qualité de la démocratie et ne tient pas compte des facteurs tels que la liberté d?expression et les droits de l?homme mais il n?en reste pas moins que nous faisons partie, en termes de qualité de vie, d?une catégorie qui regroupe les grands pays développés de la planète. Ce n?est pas ce qui ressort, en général, des revendications citoyennes que relaient surtout les radios libres.
Si un pays obtient un IDH faible, c?est qu?il existe parmi sa population de graves inégalités sociales. Cela indique aussi que certains accaparent une grande partie des ressources dans le pays en question et que beaucoup ne peuvent pas se soigner et s?instruire correctement. L?indice relativement élevé de Maurice traduit, au contraire, un choix de développement qui place l?humain au centre.
Pour autant, le rang honorable du pays dans le classement général ne devrait pas occulter les faiblesses que révèle une étude détaillée des sous-indices. Nous devons notre bon classement à de bons indicateurs dans le domaine de l?espérance de vie à la naissance (70e), du taux d'alphabétisation des adultes (78e), du taux brut de scolarisation (77e) et du niveau de vie mesuré en parité de pouvoir d'achat (52e). On trouve, toutefois, des résultats pas très flatteurs qui mettent au jour de fortes disparités entre hommes et femmes.
Nous sommes dans la deuxième moitié du tableau qui classe les pays selon un «gender empowerment measure». Cet indice mesure la participation des femmes dans la vie économique et politique. Il tient compte de l?accession des femmes à des emplois intellectuels et techniques de même que leur présence parmi les législateurs, les hauts fonctionnaires et les managers. Il y a un net clivage hommes-femmes en ce qui concerne le taux d?alphabétisation des adultes. Quand l?inégalité est calculée sous ce rapport, Maurice se classe à la 93e place. Pire, nous occupons le 125e rang mondial quand il s?agit de comparer, dans les divers pays recensés, l?accès des filles à l?enseignement.
Même si les préjugés sexistes demeurent tenaces, il y a des raisons d?être satisfaits d?un rapport qui démontre que nous toisons les grands dans divers domaines.
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