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Maurice au top des pavillons de complaisance pour la pêche illégale

2 novembre 2005, 20:00

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Paradoxe. Alors que Maurice compte acheter un hélicoptère et un navire de guerre indiens pour traquer les bateaux pirates qui s?adonnent à la pêche illégale dans sa zone économique exclusive (ZEE), un rapport international met le pays au banc des accusés. Il a été rendu public à Genève, en Suisse, hier.

Maurice y figure parmi les 14 premiers pays qui octroient des pavillons de complaisance à des navires. Ces derniers pillent illégalement les ressources marines à travers le monde, le thon et d?autres poissons tels que la légine. Le rapport précise que les faibles frais requis par ces pays pour octroyer une licence de pêche et un pavillon de complaisance contribuent à ce pillage.

Il a été effectué pour le compte du gouvernement australien par l?International Worker?s Federation, le World Wildlife Fund (WWF) et la Global Conservation Organisation (GCO). Il est intitulé : The changing nature of high seas fishing : How flags of convenience provide cover for illegal, unreported and unregulated fishing.

Dans les milieux proches du ministère de l?Agro-industrie et de la Pêche, on qualifie ce rapport de ?pas sérieux et teinté d?amateurisme. On nous a confondus avec la Mauritanie?.

Un proche de ce ministère a précisé que seuls cinq navires ont obtenu des pavillons de complaisance des autorités concernées à Maurice pour pêcher dans notre ZEE. Ils le font de manière légale et il n?y a jamais eu de navire qui pêche au-delà de la zone. Ils font la demande auprès du Financial Intelligence Service (FIS) mauricien, qui, après avoir étudié le dossier, le transmet au ministère des Infrastructures publiques du Transport intérieur et maritime. Si des bateaux font de la pêche illégale, ?Il est probable que ce sont des navires pirates qui utilisent des pavillons de Maurice à notre insu?, a affirmé cette source.

Ce proche du ministère a réfuté l?information concernant les licences octroyées à des prix forfaitaires par des pays comme Maurice. Il a précisé que 150 navires sont demandeurs d?une licence de pêche qui coûte Rs 180 000 pour les premiers 90 jours en haute mer. Pour chaque 30 jours additionnels en haute mer le navire doit débourser encore Rs 60 000.

Travail forcé

Ce rapport parle également de non-respect des droits de l?homme et de travail forcé imposé aux membres d?équipage, qui se retrouveraient parfois sans salaire. Il fait état d?incidents ?suspicieux? ayant éclaté sur plusieurs de ces navires ; morts et bagarres sanglantes. Le rapport décrit cette industrie comme l?une des plus dangereuses au monde.

Les informations ont pu être recueillies avec la collaboration de la compagnie d?assurance britannique Llyods. Elle s?est basée sur son registre d?enregistrement mondial de navires de pêche de 1999 à 2005.

Les 13 autres pays cités sont : Guinée équatoriale, Bolivie, Cambodge, Chypre, Panama, Georgie, Honduras, Antilles néerlandaises, Iles Marshall, Vanuatu, Iles St Vincent et Grenade et Sierra Leone.

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