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A.-Marie Kon Kam King l?émotion de la scène

9 juillet 2004, 20:00

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Pas un mot ne sonne familier dans nos esprits. Le mandarin envahit la salle du Théâtre Serge Constantin. Sur scène des acteurs pressés par le temps s?activent, cherchent des yeux leurs partenaires, à la recherche d?un invisible signe d?encouragement.

Pourtant, assise sur son fauteuil, les bras sur les genoux, le sourire flottant sur les lèvres, Anne-Marie Ah Gnuk Kon Kam King est drôlement calme. Cette petite femme foncièrement sympathique respire la fraîcheur. Nous avions peur qu?elle ne parle pas un mot de créole, mais ce n?était qu?une erreur. Anne-Marie, c?est une femme affamée de culture, empreinte d?une liberté d?esprit surprenante.

«Quand j?ai traversé la Chine pour la première fois en 1982, j?ai découvert mes racines. Ma culture. J?étais fascinée par tant de merveille.» Le regard embué d?émotion, Anne-Marie parle de ce pays qui lui a donné le goût pour le mandarin.

Retraitée, mère de trois grands enfants, Anne-Marie possède une sorte de magnétisme qui la rend incroyablement amicale. Jamais avant ce périple n?avait-elle pensé qu?elle aurait éventuellement pu apprendre le mandarin.

Pourtant, cela a été comme une révélation. «Dès mon retour, j?ai commencé à apprendre le mandarin, en lisant, en écrivant. Ce qui m?attire le plus avec cette langue magnifique, ce sont les caractères. Ce sont comme des symboles indéchiffrables mais si profonds.» Elle parle du mandarin comme elle le ferait pour une personne. C?est le mandarin qui l?a conduite vers l?univers étourdissant du théâtre.

«Mes premiers pas dans le théâtre, c?était il y a deux ans, au Centre Culturel Chinois. Je sentais en moi ce désir de promouvoir la culture chinoise,» explique-t-elle encore. Pour Anne-Marie, le National Drama Festival 2004 ne représente pas une compétition mais bien une façon de partager un moment précieux avec d?autres personnes. Si les mots ne lui suffisent plus, Anne-Marie parle avec les mains autant qu?avec le c?ur.

La scène pour elle, est un temps fort où l?harmonie s?installe entre les acteurs. Dans une fraction de seconde, le temps semble sourciller. Plus rien n?existe à part cette histoire que les acteurs racontent au public. En tout cas, c?est comme cela qu?Anne-Marie vit le théâtre. «Il faut qu?il y ait cette émotion-là pour que je puisse jouer?» laisse-t-elle entendre. Mais le théâtre, qu?il soit dans diverses langues a un but précis : réunir les c?urs et les esprits de toutes sortes et qu?il y ait une osmose entre le public et les acteurs.

Des années de cela, elle s?imaginait que le théâtre chinois n?était qu?un temps qui frôlait parfois le ridicule. Entre les rires des filles prudes, en kimono et les rires fracassants. Mais depuis que la Chine s?est mise à nue devant Anne-Marie, tous ses préjugés se sont envolés. Aujourd?hui, elle caresse le rêve d?aller vivre en Chine avec sa famille. Ce que l?on remarque surtout chez cette actrice, c?est sa spontanéité, sa joie de vivre, ses effusions de rires qui brisent le silence et son talent fou d?amener un sourire sur nos lèvres parfois trop crispées.

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