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Mal-être économique

10 février 2007, 00:00

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Le gouvernement se montre intransigeant. Pas de réintroduction des subventions aux frais d?examens du «School Certificate» et du «Higher School Certificate». De l?autre côté, la résistance s?organise. L?opinion publique est, elle, dans l?expectative. La confrontation entre le pouvoir central et les acteurs et destinataires de l?éducation a toujours révélé des maux profonds.

Certains se mettent même à espérer que le conflit latent dégénère en face à face. Ce serait, pour beaucoup, le prétexte idéal pour acculer un gouvernement qui, selon eux, ne tient plus compte des intérêts des classes ouvrières, populaires et moyennes. Le décor est posé mais les principaux protagonistes n?ont pas encore sorti toute leur artillerie.

Recroquevillée sur elle-même, la nation regarde sa grande déprime en espérant un miracle. Les dirigeants, à leur installation à l?Hôtel du gouvernement, avaient dit que les choses changeraient dans deux ans. Mais chaque mois qui passe recèle désormais de doses supplémentaires d?amertume versée dans le budget familial. C?est à ce rythme et dans cette situation délétère que la majorité a choisi de durcir sa position sur ce dossier de subventions aux examens de fin d?études secondaires.

Au-delà de cette question, il est aujourd?hui un fait que la dégradation de l?atmosphère générale entraîne une morosité grandissante. Ils sont de plus en plus nombreux à vouloir quitter le pays. Les classes moyennes stagnent, lorsqu?elles ne tirent pas vers le bas. Le lien social se délite. Les mouvements de contestation et de grève reviennent à la mode. Ce sont autant de signes qui ne trompent pas.

Le gouvernement doit réagir. Il ne s?agit pas de mettre un terme à la rigueur économique. Encore moins est-il question de ranger au placard les réformes en cours. Mais le modèle de développement nécessite quelques harmonisations et ajustements sans pour autant céder à «la pression de la rue». Il importe de faire souffler quelque peu la maison Maurice qui, irrésistiblement, commence à crouler sous les coups de boutoir des prix qui grimpent, qui galopent, qui dérèglent l?ascenseur?

Avant que cette froide mélancolie ne se transforme en une colère assourdissante, l?État devrait revoir quelques-unes de ses priorités. L?économie sert à améliorer la vie des gens. On ne fait pas de l?économie pour l?économie. Pour l?avoir cru, Paul Bérenger a eu à payer un prix très fort aux dernières législatives. À présent, c?est le ministre des Finances, Rama Sithanen, qui semble céder aux sirènes des statistiques et chiffres équilibrés. Tout aussi bon élève des institutions financières internationales, il s?évertue à accorder l?économie mauricienne urbi et orbi avec la nouvelle théologie occidentale de la mondialisation.

Face à lui et au gouvernement, il n?y a pas non plus de réelle alternative. L?opposition se pose en force sociale. Mais en politique mauricienne, on le sait depuis tout temps, tout le monde est «socialiste». Encore faut-il savoir ce qu?ils mettent comme sens dans ce vocable. Fondamentalement, il s?agit désormais de remettre l?économie au service de la population.

Un électrochoc est nécessaire. Rarement a-t-on vu, ces dernières années, les gens se plaindre autant. Certes, on est en début d?année, mais cela n?explique pas tout. Il faudra, le moment venu, expliquer aux Mauriciens moyens les raisons pour lesquelles ils sont ceux qui doivent le plus porter les réformes.

On n?est pas encore en pleine tempête mais les premiers nuages gris de ce ciel 2007 n?augurent rien de réjouissant. Le pays a besoin de souffler. Et quelques signaux qui servent à montrer que les sacrifices touchent également les plus nantis rasséréneront plus d?un.

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