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?Ma mission : gagner l?élection?

5 novembre 2003, 20:00

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Quand l?offre d?être candidat au n°7 vous a-t-elle été proposée ?

L?offre m?a été faite hier (lundi soir ) par Pravind Jugnauth, le leader du Mouvement socialiste militant (MSM). Et j?ai accepté, vu les spécificités de la situation.

Qu?est-ce qui vous a poussé à faire de la politique active ?

Il a fallu trouver quelqu?un pour remplacer Prakash Hurry qui s?est retiré. Après discussion avec le leader du MSM, j?ai donné mon accord car la conjoncture est exceptionnelle.

Votre nom a été quand même cité à un moment comme candidat de l?Alliance MSM-MMM...

C?est vrai. Mais je n?avais pas alors d?ambition politique. Je suis flatté malgré tout de la confiance du leader du MSM. Ma mission maintenant : gagner l?élection partielle.

L?arène politique ne vous est pas étrangère. Vous avez été très actif aux élections générales de 2000.

Tout à fait. Ce n?est pas mon baptême du feu. Mais à cette époque, j?animais davantage de réunions et d?activités politiques dans la circonscription n°5 de Pamplemousses-Triolet.

Quels sont les enjeux de cette partielle ?

Le paysage politique sera redéfini par rapport aux résultats de l?élection. Dans l?équation, cela ne changera pas grand-chose, mais donnera de forts signaux quant aux futures orientations.

Sur quoi mettrez-vous l?accent ?

Le bilan des trois années du gouvernement est favorable et il nous reste une bonne partie du programme à accomplir.

Quelles sont vos appréhensions ?

Aucune. Nous allons ratisser large, galvaniser l?électorat et gagner.

Le désistement de Prakash Hurry et son remplacement ne risquent-ils pas de causer une confusion dans l?électorat du MSM-MMM ?

Pas du tout. Il y aura une campagne d?explications. Je vais tâter le pouls de l?électorat dès cet après-midi (mercredi) et nous allons créer un dynamisme extraordinaire dans les jours à venir.

Que pensez-vous de votre adversaire, Rajesh Jeetah ?

Je le connais très bien professionnellement, mais pas bien politiquement. Je le respecte et je resterai dans les débats d?idées et de programmes.

Si vous êtes élu, comment envisagez-vous votre carrière ministérielle ?

Je ne me pose pas la question car notre priorité est de gagner les élections. Me nommer ministre est la prérogative du Premier ministre. Ma religion est le travail et la culture du travail. Si l?on me confie des responsabilités ministérielles, je le ferai avec le même professionnalisme.

Cela doit vous faire quelque chose de quitter le secteur portuaire après 25 ans de carrière ?

Je suis fier des résultats financiers et opérationnels exceptionnels. Nous avons, à la Mauritius Ports Authority, dégagé un véritable programme de développement. Je pars avec le sentiment d?avoir réalisé quelque chose de spectaculaire dans le développement portuaire.


Un perfectionniste dont la religion est le travail

?Prakash Maunthrooa m?aidera à faire de Maurice l?un des pays les mieux gérés?, a déclaré le Premier ministre, Paul Bérenger. Après avoir côtoyé 25 ans durant le monde portuaire, il est propulsé dans l?arène politique. Les valeurs, qui lui ont valu le respect dans le port, marqueront le nouvel engagement de Prakash Maunthrooa. Si pour lui ?ma religion, c?est le travail?, d?autres craignent sa rigueur excessive alors qu?il se voit davantage comme un ?grand perfectionniste?.

C?est en 1977 que Prakash Maunthrooa débute à la Mauritius Marine Authority (devenue Mauritius Ports Authority), comme assistant secrétaire. Il gravit peu à peu les échelons. Il devient directeur général puis président de la MPA en octobre 2000.

En 1998, son parcours est émaillé d?allégations de corruption avec, en filigrane, des relations tendues avec le président d?alors de la MPA, Gilbert Philippe. Une lettre anonyme, adressée en juin 1998 à l?Unified Revenue Board (URB), l?accuse de corruption. Ces allégations portent sur les relations qu?il entretenait avec une compagnie fournissant des pièces détachées à la MMA et à la gestion d?une entreprise textile où sa femme est actionnaire. Les allégations paraissent tellement farfelues que l?URB ne juge pas nécessaire d?ouvrir une enquête. Dégoûté par cette cabale, Prakash Maunthrooa prit congé de la MMA en septembre 1998.

Il sera alors consultant pour le compte de la Banque mondiale. Celle-ci lui confie une mission concernant la modernisation du terminal de conteneurs du port de Douala, au Cameroun. Il sera également approché par diverses compagnies maritimes mauriciennes et régionales pour mener des missions à Madagascar, en Afrique du Sud et dans d?autres pays d?Afrique. En octobre 2000, l?homme fait son come-back. Sa nomination à la présidence de la MPA sera marquée par des développements spectaculaires du port, tant au niveau financier que de l?expansion des activités de transbordement des conteneurs. Des accords fondamentaux seront signés avec trois puissantes compagnies maritimes. Promis à une carrière de ministre, sa première tâche sera d?aider le Premier ministre à choisir le futur président de la MPA.

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