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ma maison ma réussite personnelle

11 novembre 2005, 20:00

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L?histoire est parfaite. Pour une fois. Shazia Kalla et Shamir Bhudookan sont venus faire le plein de brindilles pour la construction de leur petit nid d?amour. «On cherche quelque chose de relaxant, qui va sur le bois, qui est très près de la nature.» Cela, c?est dans l?idéal. Dans ces envies d?absolu qui nous habitent tous.

Mais qu?en est-il de l?évolution réelle des goûts ? Est-ce vrai de dire que nous sommes passés de l?époque du tout fonctionnel à l?ère de l?art déco ? Des meubles faits pour durer toute une vie, de la télé qui n?est pas remplacée à moins de 20 ans d?âge. Des maisons chargées de souvenirs, immuables. Peintes dans des couleurs classiques ? souvent blanc et bleu ou crème et rouge.

À l?autre «extrême» : une nette tendance à personnaliser au maximum son intérieur. À monter en gamme. À avoir des aspirations somme toute légitimes pour le «luxe», ce petit plus que l?on ne risque pas de retrouver chez le voisin ou chez des amis.

C?est dans les couloirs du Salon de la Maison et du Jardin que nous sommes allés chercher des réponses. La manifestation organisée par Publi Promo restera ouverte jusqu?à demain au Swami Vivekananda Exhibition Centre à Pailles.

Revenons à notre cas d?école. Pour assembler pièce par pièce, tel un puzzle, son domicile rêvé, Shazia et Shamir, qui se sont mariés le 3 juillet dernier, passent visiblement beaucoup de temps dans les échoppes avant de se décider.

Lui est enseignant. Elle, avec sa frange fraîchement coupée sur le front, a l?air d?une collégienne. S?il sait précisément ce qu?il veut, ce jeune couple se sait tenu par les cordons de sa bourse.

Shamir fait la moue quand nous évoquons la question du budget. Lui reste branché «ambiance rustique, marbre couleur terre, tirant sur la couleur parquet». Son épouse insiste sur « le discret, une atmosphère intime ». Lui, se voit déjà dans sa salle d?études.

«On a lu un livre sur les couleurs, il paraît que la plus propice pour apprendre, c?est le vert.» Nous insistons. Quelques grimaces meublent les minutes de réflexion.

Et Shamir de nous avouer : «La plus grosse part du budget sera pour notre chambre, aux alentours de Rs 100 000.»

Rencontrée dans la même échoppe, celle de Finishing Touch, entreprise engagée dans le créneau des parquets laminés, des faux plafonds, des stores, entre autres, une autre cliente au choix bien arrêté. Anne Espitalier Noël est catégorique : «Je ne fais pas d?achat coup de c?ur pour la maison. » Son histoire est parlante : « Je viens d?agrandir ma maison. Pour recouvrir le béton brut, plutôt que des carreaux traditionnels, je préfère le parquet.»

Préférence que la cliente cherche à exprimer au mieux en restant scotchée de longues minutes devant la palette de coloris installée dans l?échoppe. «On a la chance d?avoir le choix, autant en profiter. Tout mon salon est foncé.

J?hésite pour la couleur, pas pour la matière.» L?acheteuse ne repart pas sans s?être assurée de ses 10 % de rabais. «Je trouve le prix abordable. Les facilités de paiement sont intéressantes, celles pour réserver aussi.»

La qualité a un prix. Le choix aussi. Notamment si l?on recherche des pièces faites sur mesure. Les magasins de meubles sont certes représentés au Salon de la Maison et du Jardin, mais nous notons une présence affirmée des fabricants. Mais avant d?aller chez ces faiseurs du sur mesure, petite halte au rayon antiquités. Racines, magasin de vieux teck et de meubles uniques existe depuis tout juste un an. Ce qui a attiré notre ?il dans ce stand, c?est le panier de cale-portes à Rs 95.

Tout doit être assorti

Un détail de la maison qui vaut désormais son pesant d?or. Il ne reste plus de place à l?improvisation. Balayés les vieux morceaux de cartons pliés en quatre, les bouts de bois de récupération ou le bâton mop coincé dans les portes pour les tenir ouvertes. Aujourd?hui, le cale-porte ressemble presque à un jouet, avec son escargot sculpté sur le dessus. Christine Langlois, directrice de Racines décrypte pour nous la situation : «Au départ, les Mauriciens sont doués, mais le cachet d?Art & Craft local n?existe plus. Je crois qu?il y a un appel pour que l?artisan se remette à la décoration.»

Personnaliser se traduit dans le soin du détail. Tout doit être assorti. Jusqu?aux cadres des tableaux qui doivent s?accorder avec la moquette, le tapis et le tissu d?ameublement. Parvez Jaumally, directeur de Trochetia Art Gallery confirme : «Il y a quelques années, on faisait encadrer la photo de famille par un menuisier. Maintenant on choisit soi-même l?encadrement, en fonction de son décor.»

Question pour un champion : Quelle est l?une des interrogations entendues le plus souvent au Salon ? Réponse : «local ou importé ?» Yousouf Goburdhun de Metal Casting & Pressing Industries ne croit pas à ce réflexe qui veut que l?on préfère systématiquement ce qui vient d?ailleurs. «Je crois que souvent, le client ne regarde pas le côté fonctionnel, la solidité des produits mais le design. Dans certains cas, cela va à l?extrême. Le client n?est pas suffisamment renseigné. C?est bien d?aller vers les tendances, mais tout en sachant comparer les produits. C?est le travail du vendeur d?informer l?acheteur.»

Joignant le geste à la parole, il nous montrera deux appliques pour douche, qui à première vue sont en tout point semblables. La première est fabriquée en Allemagne, « c?est du plastique », la seconde est faite localement en « vrai » métal. «La main-d??uvre allemande coûte chère, alors les fabricants choisissent des matières moins coûteuses comme le plastique. Question durabilité, il est inutile de préciser qui du plastique ou du métal est plus résistant au temps.»

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