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Ma journée sans télé

21 novembre 2004, 00:00

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Ma mission si je l?acceptais, était de me priver de télé pendant 24 heures. Histoire de donner dans le décalé pour la Journée internationale de la télévision. Une mission pas si facile? Je n?ai pas spécialement bondi de joie quand est tombée la proposition. Surtout ne pas me prendre la ?têtevision?. Cela ne devrait pas être si dur de ne pas allumer mon poste de télé. Se concentrer donc sur son quotidien, après tout, ce n?était qu?un défi de la rédaction, persuadées que je ne tiendrais pas le coup. Elles (notre rédaction est entièrement féminine) vont voir de quel bois je me chauffe !

<B>Qui peut avoir peur d?une télévision éteinte ? </B>

Pour moi, l?accro de télé, qui refuse de l?accepter, le défi en valait la chandelle. Après tout, il s?agit seulement de 24 heures de ma vie vécue sans mon poste. Pas de quoi s?affoler. Je vais y arriver. Mais plus le temps passe et le moment de rentrer se rapproche, plus l?inquiétude commence à me gagner. Une petite névrose sans doute. Finalement, cela ne sera peut-être pas aussi simple. Mais qui peut avoir peur d?une télévision éteinte ? Surtout pas moi qui n?ai même pas eu peur de regarder L?exorciste. Mais la peur d?affronter le silence est là. Surtout penser à autre chose. Se rabattre sur le dernier tome des aventures de Titeuf. Mais sur mon bureau trône, Sex and the City, le roman de Candace Bushnell duquel est adaptée la série télé. Il semble tout à coup animé d?une vie et me parle subitement. A défaut de voir les héroïnes de Sex and the city à l?écran, trichons un peu et feuilletons les pages du roman?

Mais quelle déception. Dans le roman, c?est Charlotte la journaliste ! Ah non ! Certes, je n?ai pas le droit de regarder la télévision. Mais de là à me faire perdre mes repères, pas question ! Je balance le bouquin à l?autre bout de la pièce et jette un coup d??il à l?horloge. Puis un autre sur l?écran demeuré sombre pour la soirée. L?ennui. La machine à bonheur reste muette. Les délices du petit écran me sont interdits. Quelle torture ! Mais je vais résister.

A défaut de pouvoir allumer mon poste, je me prends à la contempler. A suivre du regard ses contours, à penser à ses boutons qui subissent mes sautes d?humeur ou mes ennuis.

A cette petite boîte noire si banale mais qui en s?allumant apporte tant de bonheur et de rêves. Mais je refuse de me laisser attendrir. Je ne céderai pas. Comment y arriver le mieux si ce n?est en essayant de lui trouver tous les défauts du monde ?

Car des imperfections, il y en a ! Il suffit de voir ces milliers de jeunes prêts à tout pour la célébrité souvent éphémère. Ou encore ces couples capables de mettre en péril leur amour et leur bonheur pour quelques semaines de célébrité et surtout pour de l?argent. Car mine de rien, la télévision, nous encourage aussi à dépenser notre argent si durement gagner. Une coupe de cheveux à la Jennifer Aniston ou un tailleur à la Ally McBeal, elle nous pousse à la consommation. Souvent excessive.

<B>Avoir le pouvoir sur cette machine</B>

Mais qu?est-ce que ma bonne volonté face à cette télé qui m?hypnotise malgré sa noirceur ? Pas grand-chose, je l?avoue. Ce défi, j?y tenais. Pas uniquement pour pouvoir rédiger cet article. Mais surtout pour me dire que finalement, j?ai le pouvoir sur cette machine et pas le contraire. Bien malgré moi, je reconnais son pouvoir. Ma télécommande en main, j?appuie sur le bouton qui me fera perdre mon pari. Tant pis ! Que les autres essayent ! Je ne me sens nullement coupable ! Et bon film !

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