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?Mélody in Love? tourné en partie chez Duval et dans un couvent

1 juin 2004, 20:00

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Faut croire que le Rapport Glover sur fraude et corruption n?a pas rassasié la soif insatiable d?une opinion ou d?une curiosité publique en quête d?émotions nouvelles car l?actualité d?il y a un quart de siècle fait une place signifiante au ?scandale? causé par Mélody in Love, film tourné à Maurice et du genre mi-porno-mi érotique. Ce ne sont toutefois pas les scènes de nudités qui choquent le plus. On s?insurge, par exemple, qu?un montage vicieux associe au scénario des institutions aussi respectées que le Couvent de Lorette de Curepipe, certains temples et mythes hindous ou encore le campement de Gaëtan Duval à Melville.

Le Cernéen prend la mouche et polémique avec le ministère du Tourisme, lui reprochant d?avoir aidé à la réalisation du film, sans faire preuve de la circonspection voulue. Il cite l?utilisation de l?hélicoptère de la police dans certaines séquences.

Avec sa franchise habituelle et le droit aux excès qu?il revendiquera si honnêtement et si courageusement par la suite, Gaëtan Duval s?explique : ?J?habite un des coins les plus charmants de l?île. Ceux qui y tournent des films profitent souvent de mon hospitalité bien connue. Tout le monde connaît mon intérêt pour la promotion touristique du pays. J?ai accepté, a priori, la requête des réalisateurs de tourner, dans mon campement, certaines séquences de Mélody in Love. Je ne suis nullement affolé par le chahut des prudes et des hypocrites au sujet de ce film?.

Sister Nora du Couvent de Lorette de Curepipe invoque la bonne foi trompée de sa congrégation religieuse : ?Le réalisateur nous a induites en erreur en prétendant qu?il s?agissait d?une histoire amoureuse entre teenagers. Nous étions loin de nous douter qu?il pouvait s?agir d?un film pornographique. L?aurions-nous su que nous aurions refusé catégoriquement notre concours, si minime puisse-t-il être?. L?héroïne du film est une élève d?un Collège des Lorettes. Elle se livre à des fredaines en dehors des heures de classe.

L?actrice mauricienne Scarlet Cunden est en larmes. Elle estime brisée sa ?carrière cinématographique? : ?Je n?ai jamais accepté de tourner un porno. Le scénario qu?on m?a présenté initialement ne correspond nullement au résultat final. J?avais à peine 19 ans au moment du tournage qui n?a duré que sept jours et pour lequel j?ai reçu un cachet de Rs 6 000. Dès que je sollicite un emploi, on se met à me faire des avances?.

Sur une autre scène, politique cette fois, le gouvernement s?apprête à tourner des séquences difficiles et délicates. L?approbation du budget 1979/80 devient aléatoire. Les mesures fiscales divisent la coalition. Le PMSD durcit ses positions. Au sein du PTr, certains souhaitent l?expulsion des contestataires. D?autres s?y opposent. Sir Seewoosagur Ramgoolam s?enferme dans un mutisme complet. Il ne partage pas la hargne de Jagatsingh à l?égard des contestataires. A tous, il conseille : ?Don?t attack somebody who is on the crest !?

C?est le moment choisi par Sharma Jugdumbi pour se démettre de ses fonctions de président de la Planters Workers Union et du Mauritius Labour Congress, pour Air Mauritius de quitter le No 1 de la rue William-Newton pour s?installer au Rogers House et pour le 8e Congrès Mondial des Relations publiques d?octroyer son 1er Prix à Sugar Time, une réalisation de PROSI.

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