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Lorsque le cauchemar ivoirien oblige une famille mauricienne à se séparer
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Lorsque le cauchemar ivoirien oblige une famille mauricienne à se séparer
A cause de la couleur de leur peau, elles sont devenues indésirables dans leur pays d?adoption. Fariba et sa fille Shirin sont arrivées à Maurice dimanche, fuyant la Côte d?Ivoire. Oudorao Apajee est resté là-bas pour essayer de sauver ce qui peut encore l?être.
?Nous ne nous faisons pas trop de soucis pour lui. Mon père sait se débrouiller. En plus, il n?a pas la peau trop claire, ils le laisseront tranquille?, dit Shirin, 15 ans. Fariba et sa fille ont été accueillies par les parents d?Oudorao. ?La priorité est d?inscrire ma fille dans une école et de chercher un travail?, dit Fariba, avec le sourire.
Pour l?instant, la Côte d?Ivoire est un chapitre clos. ?Je ne retournerai pas là-bas?, affirme d?abord Fariba, avant de se raviser, en disant qu?un retour est toujours possible. A condition que le pays retrouve la paix et la sérénité.
Les problèmes ont commencé le 4 novembre après les attaques aériennes des forces loyales au président Gbagbo contre les positions des ex-rebelles. Immédiatement après, la France a été citée comme responsable de la situation par des politiciens ivoiriens qui ont appelé au pillage des biens des français.
Croyant être à l?abri, les Apajee vont rapidement déchanter. Les pillages atteignent vite tous ceux qui ont la peau blanche. Le samedi 5 novembre, la propriété vis-à-vis de la leur est pillée. A 4 heures du matin, des pilleurs viennent à leur domicile. ?Ma fille et moi, nous dormions. Mon mari était avec un ami ivoirien. Notre ami est sorti et leur a dit que la maison était la sienne et qu?aucun étranger n?y habitait. C?est probablement ce qui nous a sauvés?, raconte Fariba.
Evacuées par la RAF
Mais, au fil des jours, la situation se dégrade. Les lieux de rencontre des étrangers sont détruits. Les quatre écoles des enfants d?étrangers sont pillées et incendiées. Les Français fuient le pays. Et l?ensemble de la communauté étrangère d?Abidjan, capitale ivoirienne, est aussi visée. ?Lundi dernier, l?armée française nous a demandé si nous voulions partir. Nous avons dit non croyant que la situation reviendrait à la normale comme en janvier 2003. Mais, mercredi, nous ne voulions plus rester?, explique Fariba.
Vendredi, ce sont les adieux. Elle se rend une dernière fois à son lieu de travail, l?ambassade des Etats-Unis. Puis, deux valises en main, la mère et la fille Apajee sont évacuées par la Royal Air Force britannique, avec 36 autres personnes. Samedi, elles font escale à Accra, au Ghana, avant de mettre le cap sur l?Afrique du Sud d?où elles repartent pour Maurice.
Seul Oudorao reste là-bas. Il espère pouvoir sauver les biens familiaux et les envoyer vers Maurice. Si le calme revient, il souhaite rester pour continuer à travailler comme chef de production dans la compagnie libanaise Parfums Ghandour. Il habite la Côte d?Ivoire depuis 1979 où il est arrivé en tant que professionnel du sucre.
Fariba, d?origine iranienne, et Oudorao se sont rencontrés en Côted?Ivoire dans les années 80. Shirin a grandi aux rythmes ivoiriens, mais ne souhaite plus retourner vivre là-bas. Et dire que le pays était un véritable paradis, il y a quelques années encore. ?C?était formidable d?habiter là-bas. Je ne comprends pas ce qui s?est passé. Les Ivoiriens ne sont pas comme ça. Ce sont des gens de paix?, affirme encore Fariba.
Aujourd?hui, quatre familles mauriciennes se trouvent encore à Abidjan. Jeudi dernier, les familles Nicolin et d?Unienville sont rentrées.
Quatre autres se trouvent toujours sur les trois établissements sucriers de Sucrivoire, compagnie détenue en partie par Harel Frères. Elles sont cependant hors de danger. Les troubles ne touchent pas ces localités.
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