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L?on commence à parler de dévaluer la roupie

5 septembre 2004, 20:00

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Le Grand (?) Argentier de Maurice, Sir Veerasamy Ringadoo, négocie l?accès à une nouvelle tranche de Droits de Tirages Spéciaux qui permettrait de débloquer la situation financière difficile. FMI et Banque Mondiale pourraient exiger, en contrepartie, une dévaluation de la roupie.

Maurice Paturau exclut toute dévaluation tant que Maurice n?aura pas un gouvernement fort. Elle suppose un gel des salaires. Il voit mal les syndicats acceptant cela, après le mois d?août 1979. Une dévaluation de 30% (on peut parler dans ce cas de divination à 100%) permettra aux exportations sucrières annuelles de passer de Rs 2 milliards à Rs 2,6 milliards. Nos importations annuelles passeraient alors de Rs 3 milliards à Rs 3,9 milliards. Les syndicats réclameront une compensation salariale d?au moins 30%. Retour donc à la case ? départ ? ! On dévalue quand les produits d?exportation deviennent trop chers. La dévaluation les rend plus compétitifs. Or le sucre mauricien est vendu à des prix préférentiels à la CEE. Elle ne s?impose pas non plus pour les produits de la ZF qui sont encore compétitifs et qui ne rapportent, en 1979, que Rs 600 millions. Le secteur privé attache trois conditions à une éventuelle dévaluation : (i) un gouvernement très fort (ii) dire la vérité à la population et lui demander d?accepter des sacrifices (iii) devenir plus compétitif. Plutôt qu?une dévaluation hasardeuse, Paturau prône une politique d?austérité pendant trois ans.

Ram Pyndiah, ancien secrétaire financier et ancien candidat MMM tumultueux aux législatives du 20 décembre 1976 (circonscription No 8), sait que Maurice aura à accepter les diktats du FMI. Il partage la définition de dévaluation-coup-de-fouet-à-l?exportation. Cela marche dans les pays gros exportateurs. Mais même dans ce cas elle ne réussit pas à tout coup, comme par exemple l?Inde en 1966. En tant que secrétaire financier, il a conseillé la demande d?un « stand-by credit » pour y puiser en cas de diminution des réserves. L?économie s?améliorant, cette roue de secours ne fut pas utilisée. Il partage le remède préconisé par Paturau. Des mesures à long terme et motiver la population. Celle-ci est intelligente. Le développement du pays a besoin des ressources humaines. Il faut rétablir les priorités. On ne peut pas dépenser des centaines de millions dans des bâtiments publics quand un gros problème de logement handicape les activités économiques. On pense second aéroport alors que l?irrigation est inadéquate et qu?elle bloque la diversification agricole. Le gouvernement doit renoncer à l?inertie qui le caractérise pour déclencher le dynamisme requis au sein de la population.

Le vent de dévaluation de la roupie de Ringadoo qui souffle n?empêche pas quelques développements intéressants :- 1. Air Mauritius aura son second Twin Otter en septembre 1979. 2. Active Alarm System voit le jour. 3. Securicor lance Securiclean. 4. Une nouvelle ère s?ouvre pour la pêche industrielle avec la mise à l?eau, au Japon, du thonier ?Lady Sushil?. 5. Le footballeur Ned Charles devient joueur professionnel et décroche un contrat de deux ans avec le club belge de 1re division KSV Cercle Brugge. 6. David empêche SSR de se rendre à Cuba chez Fidel Castro. (N.B. : Il s?agit non pas de James Burty mais simplement d?un cyclone nommé David). 7. Jayen Cuttaree réussit ses examens de droit à Londres et revient à Maurice pour exercer comme avocat. Il compte déjà à son actif un poste de directeur-adjoint aux Bois et Forêts, un Ph.D., un contrat de trois ans à l?OUA, un autre de six ans à l?UNESCO (section environnement). Son épouse, Swatee, a obtenu une licence en tourisme de la Sorbonne. Mais en 1979, il n?est question ni de carrière politique (et quelle carrière !), ni encore moins de secrétariat général de l?OMC. La faute revient à ceux qui parlent toujours du passé et jamais du futur.

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