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L?industrie sucrière à l?heure des concessions
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L?industrie sucrière à l?heure des concessions
Assurer la pérennité de l?industrie sucrière. Les partenaires du secteur se sont penchés sur la question lors du Business Forum organisé la semaine dernière par la Jeune chambre internationale de Port-Louis. Ils ont fait part de leurs aspirations pour maintenir en vie l?industrie sucrière et ont été unanimes à reconnaître qu?elle a un avenir, en dépit de la baisse des prix sur le marché européen.
Grâce au Protocole sucre entre le groupe Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) et l?Union européenne, le pays a progressé. ?L?accord a permis la diversification économique?, a souligné le directeur de la Mauritius Sugar Producers? Association (MSPA), Patrice Legris, lors du forum. Cependant, le prix garanti du sucre en Europe diminuera de 36 % d?ici 2009-10.
Le marché est désormais dicté par les acheteurs, a souligné le secrétaire général de la Chambre d?agriculture, Jean Li Yuen Fong. L?inquiétude prévaut car l?Europe ne tient pas compte du rôle joué jusqu?ici par ses partenaires de longue date qu?ont été les pays ACP.
Pour sortir de l?impasse, les mesures d?accompagnement sont plus que jamais essentielles pour accélérer la réforme de l?industrie locale et entamer la diversification, qui aboutirait à l?émergence d?une industrie de la canne.
Au-delà de ces aides à venir de l?Europe, les partenaires exigent des concessions à plusieurs niveaux : nouvelle législation salariale, moins de cotisations à payer de même qu?une révision du partage des revenus.
Pour Patrice Legris, il y a l?urgence de réduire la masse salariale au sein de l?industrie et passer à la main-d??uvre saisonnière. Une deuxième vague de retraite volontaire est requise, dont le coût se chiffrerait aux alentours de Rs 3 milliards, dépendant du nombre d?employés qui opteraient pour ce choix.
La vente de terres pour financer cet exercice n?a pas eu les résultats escomptés puisque les procédures administratives ont entravé la réalisation. Du coup, des établissements n?ont pu jusqu?ici couvrir le financement du Voluntary Retirement Scheme.
Le président de la Planters? Reform Association, Salil Roy, estime de son côté que les contributions au Cess Fund doivent être réduites de moitié. En 2004, l?industrie y a versé directement quelque Rs 625 millions. Cet argent sert à financer les institutions ?uvrant pour le bien-être de l?industrie. Selon lui, certaines organisations devront se regrouper par souci d?efficience.
En guise de diversification, l?éthanol a été mis en avant. Or, la MSPA estime qu?il faudrait un cadre légal bien défini de même qu?un marché pour encourager l?investissement. La production énergétique à partir de la bagasse est appelée à se développer davantage.
Le temps presse. Comme le souligne Patrice Legris, ?l?industrie sucrière est le plus vulnérable de tous les secteurs?.
La culture de la canne couvre 48 % de la superficie du pays, générant des revenus de Rs 10 milliards sous forme de devises et maintient 70 000 emplois. Elle assure de 20 à 25 % la fourniture d?électricité, taux qui passerait à 40 % avec le démarrage des opérations de la centrale de Savannah.
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