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L?impôt sur les intérêts diversifie l?investissement

12 octobre 2007, 00:00

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L?Epargne par rapport au produit intérieur brut (PIB) est en baisse. Entre 2004 et 2007, le taux est passé de 22,6 % à 17,1 %. La taxe sur les intérêts est, dans une large mesure, venue redistribuer les cartes. Il y a surtout eu un mouvement de fonds vers d?autres opportunités de placement, dont la Bourse de Maurice. Quant à l?exode de capitaux en dehors du pays, il a été plutôt mitigé.

Depuis le budget 2006-2007, les règles sur l?imposition des intérêts bancaires ont changé. La rémunération sur les dépôts supérieurs à Rs 2 millions est frappée d?impôt à la source. Beaucoup de Mauriciens ont décidé de réaménager leurs patrimoines financiers afin de minimiser leur exposition à la taxe.

?Il y a eu un mouvement vers les fonds d?investissement. C?est peut-être une bonne chose.

A Maurice, la grande majorité des gens mettaient leur argent dans des dépôts fixes. Il y a aujourd?hui plus de diversification dans les produits de placement?, constate Sameer Sharma, analyste financier chez Investment Professionals (IPRO).

Les fonds d?investissement et le marché boursier ont récupéré une large portion de ce déplacement de dépôts bancaires. La raison principale étant que les dividendes sont exemptés d?impôts. La Stock Exchange of Mauritius (SEM) a en effet connu une progression fulgurante depuis juin 2006, lorsque le nouveau régime est entré en vigueur. Grâce en grande partie à cette ?déviation ? de capitaux, la SEM avait connu en 2006 sa meilleure année depuis sa création en 1989. Le marché a maintenu la cadence cette année-ci.

?La taxe sur les intérêts existe partout dans le monde. Les intérêts sont une source de revenus et en tant que telle doivent être taxables. Le taux d?impôt est à 15 %, soit un chiffre bas par rapport à ce qui se pratique ailleurs?, dit Sameer Sharma.

<B>?Séparer la réalité de la propagande?</B>

Selon celui-ci, le niveau de l?épargne dépend principalement de la performance de l?économie; la taxe sur les intérêts joue un rôle secondaire, soutient-il. ?C?est avant tout la croissance économique qui crée l?épargne. Il faut séparer la réalité économique de la propagande politique?, souligne-t-il.

N?empêche qu?il y a eu des capitaux qui ont quitté le pays en raison de la nouvelle donne fiscale. ?Ce sont surtout les gens qui ne voulaient pas déclarer leurs fortunes en banque au fisc qui ont transféré leur argent hors du pays?, avance un trésorier de banque.

Selon celui-ci, une baisse du niveau de l?épargne n?est pas nécessairement une mauvaise chose. ?Une baisse de l?épargne amène souvent une hausse de la consommation et de l?investissement. Dans les deux cas, il y a un effet positif sur la croissance. Plus d?argent disponible à la consommation amène une hausse de la demande générale et de la production en conséquence. D?autre part, une augmentation de l?investissement est bénéfique à la création d?emplois et à la croissance?, affirme le banquier.

L?hypothèse selon laquelle une baisse de l?épargne représente moins de ressources disponibles pour l?investissement ne tient pas toujours la route, argue notre interlocuteur. ?L?investissement dépend davantage du climat des affaires?, fait-il ressortir.

Pour Eric Ng, directeur du cabinet PluriConseil, la baisse du niveau de l?épargne ne peut être attribuée à la taxe sur l?intérêt dans la mesure où, explique-t-il, la tendance baissière avait déjà pris forme depuis 2003, soit bien avant que la décision ne soit appliquée.

?Au contraire, l?épargne s?est stabilisée depuis l?année dernière (17 % en 2006 et 17,1 % en 2007). Il y a 50 % de contribuables qui sont aujourd?hui exclus du filet fiscal et disposent de plus de revenus pour épargner. Il y a certes une partie de gens qui doivent puiser dans leurs épargnes pour financer leurs budgets courants en raison de la cherté de la vie?, déclare-t-il.

Celui-ci observe que le niveau des réserves internationales nettes reste très confortable avec un chiffre de Rs 85,2 milliards à la fin de juillet 2007. Ces ressources permettent de couvrir dix mois d?importation. ?La norme internationale est de trois mois?, souligne Eric Ng.

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