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Limogeage à la Cour suprême au Pakistan : Nouvelles manifestations

5 avril 2007, 00:00

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Plusieurs milliers de militants de l’opposition ont réclamé au Pakistan le départ du président Pervez Musharraf après le limogeage du président de la Cour suprême pakistanaise, dont une audition était prévue à Islamabad.

A Islamabad, quelque 2 000 manifestants se sont rassemblés aux abords de la Cour suprême où le juge Iftikhar Mohammad Chaudhry, mis à pied le 9 mars pour “inconduite et abus d’autorité”, devait être entendu sur ces accusations par le Conseil judiciaire suprême (CJS).

Après une brève séance, les cinq membres du CSJ ont fixé une nouvelle audition au vendredi 13 avril, en attendant de décider si les débats doivent être publics, comme le demande la défense, ou à huis-clos.

Aux cris de “Musharraf dehors” et “les Etats-Unis ont un chien, il porte un uniforme” – en référence au poste de chef d’état-major de l’armée du général Musharraf –, les manifestants ont été tenus à l’écart par un fort dispositif policier, mis en place aux abords de la Cour suprême, où aucun incident sérieux n’a été enregistré.

“Notre mouvement va permettre la victoire de l’indépendance de la justice et débarrasser la nation à jamais de la dictature militaire”, a assuré à la presse l’ancien président Rafiq Tarar, le prédécesseur du général Musharraf.

Quelque 1 500 personnes, en majorité des avocats, ont également manifesté à Lahore (est), où quelque 4 000 policiers avaient été déployés. “Nous avons pris des mesures pour protéger les personnes et les biens”, a affirmé le chef de la police de la deuxième ville du pays, Malik Iqbal.

D’autres manifestations ont rassemblé environ 300 avocats à Karachi (sud), 400 à Multan (centre) et quelque 250 à Peshawar (nord-ouest) tandis qu’une grève des avocats était largement suivie dans tout le pays.

Les partis d’opposition – la coalition islamiste Muttahida Majlis-e-Amal (MMA) et les formations des anciens Premiers ministres Benazir Bhutto et Nawaz Sharif – ont affirmé que “des centaines” de leurs militants avaient été arrêtés préventivement à ces manifestations.

Assigné lundi à résidence, le président du MMA, Qazi Hussain Ahmed, a bravé l’interdiction policière et a brièvement manifesté à Islamabad. Depuis près d’un mois, l’opposition dénonce une manoeuvre inconstitutionnelle du général Musharraf à l’approche des élections présidentielle et parlementaires prévues fin 2007 et début 2008.

Le juge Chaudhry, selon l’opposition, avait pris des mesures “déplaisantes” pour le pouvoir, avant un possible débat constitutionnel sur la possibilité pour le général Musharraf de conserver sa double casquette de président et chef de l’armée et d’être éventuellement réélu par l’actuelle assemblée avant sa dissolution.

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