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L?escorte policière de Tyack contestée

8 juillet 2006, 00:00

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Trois officiers de l?escorte du prisonnier et principal témoin à charge dans l?affaire Air Mauritius, Gérard Tyack, se retrouvent au centre d?un contentieux. En effet, Me Yousuf Mohamed, qui défend les intérêts de l?ex-patron d?Air Mauritius, Sir Harry Tirvengadum, a hier demandé une enquête de la cour intermédiaire car il soupçonne ces officiers d?avoir fait partie des limiers du CCID ayant enquêté sur la fraude alléguée de Rs 85 millions.

«Depuis que Gérard Tyack a commencé à témoigner, et depuis qu?il est en prison, il est accompagné de trois officiers du CCID dont le sergent Dawoojee qui était engagé dans l?enquête, explique l?avocat. Ce dernier a pu écouter les différentes versions des témoins. Contrairement à la pratique, les témoins incarcérés sont généralement escortés par des officiers de la prison et non par des officiers du département ayant enquêté dans cette affaire. C?est injuste et contraire aux dispositions de l?article 10 (1) de la Constitution, qui garantit un procès équitable par un tribunal indépendant.»

Me Yousuf Mohamed, tout en précisant ne pas remettre en cause l?intégrité de ces officiers, demande à la cour de mener une enquête pour savoir si l?officier Dawoojee est précédemment venu en cour et s?il était directement ou indirectement engagé dans l?enquête policière de l?affaire. Me Gaytree Manna soutient, elle, que c?est le tribunal qui émet un mandat d?amener pour un témoin incarcéré. Ainsi, c?est à la cour d?assurer qu?il soit proprement escorté et non à la poursuite. La cour peut aussi donner des directives sur les officiers qui doivent accompagner le témoin.

Les magistrats Benjamin Marie Joseph, Nicolas Ohsan Bellepeau et Renuka Dabee ont invité les deux parties à soumettre leurs arguments lundi. S?ensuivent ces observations : que Gérard Tyack est le témoin appelé sur la base d?un mandat d?amener demandé par la poursuite, que ce n?est pas à cette cour de recueillir des témoignages sur les circonstances présentes à la suite de la motion de Me Mohamed et que la pratique veut que l?exécution du mandat relève de la responsabilité de la police et des autorités pénitentiaires.

Les magistrats ont conclu que la tâche de réfuter les allégations de «unfairness» de la défense, incombe à la poursuite. Sir Harry Tirvengadum et Robert Rivalland, ex-cadre de Rogers, sont accusés d?avoir comploté avec l?ex-directeur financier, Gérard Tyack, pour payer des «commissions spéciales» à Rogers. Derek Taylor est, lui, accusé d?avoir endossé des chèques émis par Air Mauritius en faveur de Rogers, qui seraient des paiements non dus faits au préjudice d?Air Mauritius.

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