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L?esclavage expose l?inhumanité et la culture
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L?esclavage expose l?inhumanité et la culture
Rompre le silence. Celui qui entoure l?asservissement humain. Se débarrasser aussi des stéréotypes. Ceux qui figent l?Afrique et ses peuples dans le rôle de victimes. Faire ressortir, au contraire, l?émergence d?une culture nouvelle et riche, celle née d?un système inhumain : l?esclavage. C?est là l?idée des deux expositions proposées depuis lundi au Mauritius Institute à Port-Louis et jusqu?au 4 février.
A l?étage du musée, Lest We Forget: The triumph over slavery. Plus d?une douzaine de panneaux conçus à partir des travaux du Schomburg Center for Research in Black Culture de la New York Library, pour le compte de l?Unesco. Des recherches étalées sur une décennie, pour tracer la Route de l?esclave, ouvrir la voie à une vision équilibrée du ?commerce triangulaire? traite d?humains, d?armes et de coton, de sucre et de tabac entre l?Europe, l?Amérique et l?Afrique.
Contexte difficile, trop longtemps ignoré ? c?est en 2001 que l?esclavage a été reconnu comme un crime contre l?humanité ? qui a culminé en 2004, année décrétée comme étant celle de la commémoration de la lutte contre l?esclavage et de son abolition.
Réalisé dans l?esprit du devoir de mémoire, l?exposition itinérante Lest We Forget: The triumph over slavery, rétablit des vérités historiques méconnues : que 40 % des esclaves ont été envoyés au Brésil entre 1450 et 1870. Ils y ont versé larmes, sang et sueur dans des mines d?or et de diamants.
Main-d??uvre servile pas uniquement enchaînée aux travaux des champs, l?exposition donne un visage aux marchands d?humains. Nom et gravure à l?appui, on y apprend que l?un d?eux a occupé un siège au Parlement britannique en sus d?être gouverneur de la Banque centrale.
Vue d?ensemble sur l?inacceptable, Lest We Forget : The triumph over slavery pointe du doigt les ironies de l?histoire. L?une des plus cruelles d?entre elles consiste à dire que l?époque prospère de la renaissance en Europe a été financée par la traite négrière. L?exposition fait aussi parler l?implacable loi du nombre. Elle démontre que 18 %, soit un sur cinq esclaves ayant entrepris le voyage entre l?Afrique et l?Amérique, a trouvé la mort, notamment en se suicidant.
Le rez-de-chaussée du Mauritius Institute abrite La longue marche, exposition complémentaire, qui retrace les origines de l?esclavage. Elle remonte jusqu?aux pratiques en cours, notamment dans l?Egypte ancienne et la Grèce antique. Elle ne nous épargne aucun détail des conditions de voyage, de la longue marche des villages africains ?jusqu?au navire de l?épouvante?. Nous avons droit à des gros plans sur les fouets, le marquage au fer rouge et les châtiments infligés pour l?exemple. Réalisée par l?Association réunionnaise communication et culture, elle commémore 1848, date de l?abolition de l?esclavage à l?île s?ur.
Exposition déjà présentée à l?Aventure du Sucre en août 2004, elle fait partie des activités organisées par le ministère de la Culture, le Centre Nelson Mandela pour la culture africaine et la branche locale de l?Unesco, en marge du 1er février.
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