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Les zigzags de la réforme

22 octobre 2007, 00:00

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Au moins, cela a le mérite d?être clair. Le gouvernement va modifier le plan de réforme de l?industrie sucrière, la ?Multi Annual Adaptation Strategy? (MAAS). Le Premier ministre a réservé cette annonce, importante tant sur le plan économique que diplomatique, à ses partisans réunis en congrès. Cela démontre que, pour lui, le dossier a d?abord une dimension politique.

La MAAS a été rédigée par le gouvernement de Navin Ramgoolam en avril 2006 en accord avec les sucriers. Le document a ensuite été soumis à la Commission européenne qui a promis de soutenir la restructuration de l?industrie sucrière. Or, le Premier ministre trouve aujourd?hui que ce plan est mal conçu et doit être renégocié. C?est un virage à 180°.

Navin Ramgoolam prend ainsi le contre-pied de son ministre de l?Agro-industrie, celui qui a défendu la MAAS avec enthousiasme à la fois devant les bailleurs de fonds étrangers et au niveau local. En septembre 2006, lors de la réunion annuelle du Syndicat des sucres, le ministre devait exhorter les partenaires de l?industrie sucrière à ?work in favour of the timely execution of the components of the MAAS?. Arvin Boolell avait ajouté que ?through the MAAS, Mauritius aims at promoting a fast-track modernization and diversification framework?.

La MAAS est un plan qui vise à rendre viable l?industrie sucrière. Des objectifs précis visant à dégraisser, mécaniser et centraliser sont fixés pour cette année. Il fallait fermer trois usines, offrir une retraite anticipée à 1 500 travailleurs et procéder à l?épierrage d?environ 300 hectares de terres. Ces engagements ne sont pas respectés. Les dernières négociations Etat-privé font craindre le pire pour la suite de la réforme. Du coup, le décaissement des fonds de l?UE est compromis.

Pourtant, Rs 13 milliards d?aide de l?UE, étalée sur sept ans, sont en jeu. Un tiers de ce montant devait être alloué au secteur sucre tandis que le reste était destiné à financer des projets nationaux d?infrastructures. Pour bénéficier de cette aide, il faut également élaborer une politique énergétique globale. Or, nous n?en sommes qu?à une esquisse de cette politique.

Navin Ramgoolam a évoqué hier la question de l?énergie. Les tarifs du CEB sont élevés, avance-t-il, parce que l?ancien gouvernement avait accordé à l?industrie sucrière des prix garantis pour la vente de l?électricité au profit des sucriers. ?Une centrale a investi Rs 521 millions et en l?espace de trois ans, a fait un profit de Rs 680 millions.? Le PM fait ici référence à la centrale de Belle-Vue dont le contrat avec le CEB a été signé en 1998, alors qu?il était chef de gouvernement. En revanche, la Centrale thermique du Sud (CTDS) qui a signé un accord avec le CEB sous le gouvernement d?après, a bénéficié de conditions moins favorables aux sucriers. Le prix de la bagasse, dans ce cas, n?est pas indexé sur la valeur du charbon.

Sur le dossier sucre, Navin Ramgoolam a multiplié les incohérences et pour noyer le poisson, il s?en est pris à la presse, et en particulier à ?l?express?. Il a insinué que la ligne éditoriale de notre journal n?est pas guidée par le respect des valeurs mais par une certaine complaisance envers Rama Sithanen. Nos lecteurs, eux, savent que nous n?avons pas attendu le ministre des Finances pour prôner le ciblage de l?aide sociale, l?ouverture aux compétences étrangères, la fin de la différence de statut entre villes et villages, le refus de l?interventionnisme d?Etat, etc. Bien entendu, quand Rama Sithanen a opté pour la pension universelle, le transport gratuit, et les subsides d?Etat pour tous, nous avons combattu ses mesures.

En soutenant la réforme de ce gouvernement, ce sont nos propres idées que nous défendons. C?est une ligne parfaitement claire. Elle est plus lisible et compréhensible que les actions des politiques qui zigzaguent au gré des lobbies et coteries.

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