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Les vêtements importés détrônent la confection locale
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Les vêtements importés détrônent la confection locale
Les Mauriciens ne perçoivent pas tout à fait le pays comme un centre de la mode. Pour preuve, les vêtements importés ont toujours une grande cote chez les consommateurs, en particulier chez les femmes. La production locale ne suit pas les tendances et les goûts vestimentaires des acheteurs. C?est ce que révèle une étude commandée par le Mauritius Research Council (MRC) et réalisée par le cabinet Straconsult.
L?étude nous donne une photographie de la consommation locale de l?habillement de même que de la fabrication pour le marché local dans le sillage de la libéralisation du textile au niveau mondial. L?enquête aborde les appréhensions des producteurs locaux face aux produits importés. Elle explore aussi les opportunités pour les producteurs sur le marché domestique, tout en notant que les fabricants locaux ne produisent pas suffisamment de ladies wear. L?importation des jupes et des robes a ainsi connu une forte hausse ces dernières années. Les femmes ont, par ailleurs, une plus large gamme de vêtements et renouvellent leur garde-robe plus rapidement que les hommes.
?La consommation locale de l?habillement se chiffre à Rs 3,3 milliards, dont 36 % proviennent des importations. La valeur des vêtements importés s?est accrue de 110 % entre 2001 et 2005.?
La consommation locale de l?habillement se chiffre à Rs 3,3 milliards, dont 36 % proviennent des importations. La valeur des vêtements importés s?est accrue de 110 % entre 2001 et 2005. Cette croissance est surtout pertinente par rapport à certains items tels les pantalons, les slips et les jupes. Par contre, la cote des maillots de bain importés a connu une chute auprès de la clientèle.
?Il y a un marché de Rs 2 milliards pour les producteurs locaux. Cela représente beaucoup d?opportunités. Il faut diversifier la gamme des produits. Les fabricants doivent mettre plus de branding et de design dans les vêtements pour attirer les jeunes surtout?, explique Amédée Darga, le directeur de Straconsult. ?Les producteurs doivent travailler plus étroitement avec les revendeurs afin de capter les changements dans les tendances?, note aussi le rapport.
Les conditions du marché ont beaucoup changé avec l?élimination rapide des barrières à l?importation. Jusqu?à avril 2005, les vêtements importés étaient frappés par des droits de douane allant jusqu?à 80 %. Actuellement, les produits sont assortis d?une taxe spécifique variant entre Rs 50 et Rs 250 dépendant des items. Cela rend les pièces importées plus accessibles aux Mauriciens.
Le Mauricien moyen a acheté 23 items d?habillement en 2006. L?étude révèle que les clients sont guidés par le facteur prix lorsqu?ils achètent des articles de confection locale. Toutefois, les critères de qualité et de mode priment quand il est question de produits importés.
Les consommateurs ont acheté plus de sous-vêtements que n?importe quel autre type de vêtements. Les citadins ont une meilleure fréquence d?achat que ceux qui habitent les régions rurales. Pourtant, les personnes qui habitent les villages et les régions périurbaines consacrent un plus gros budget mensuel à l?item de l?habillement que les citadins.
L?enquête du MRC démontre aussi que l?âge n?a pas beaucoup d?influence sur la consommation des produits de confection, du moins en termes de quantité. Les jeunes et les vieux achètent pratiquement le même nombre de pièces d?habillement.
Les consommateurs âgés entre 15 et 24 ans sont les plus vulnérables aux effets de mode (fashion victims). Ils achètent plus des produits fabriqués ailleurs et sont peu sensibles aux prix.
La clientèle se trouvant dans la tranche d?âge de 30 à 60 ans accorde plus d?importance au rapport qualité-prix lors de leur achat.
Les jeunes font du shopping plus souvent. La majorité des gens qui font du shopping (avec l?intention d?acheter) chaque mois se trouve dans la tranche d?âge 15 à 29 ans. La majorité de ceux âgés entre 30 à 60 ans se rend dans les magasins une fois tous les six mois.
Les points de vente les plus prisés pour acheter les produits de l?habillement sont les magasins avec un taux de fréquentation de 61,4 % selon l?enquête. Les foires ont aussi une certaine cote, tandis que les hypermarchés n?attirent pas beaucoup d?acheteurs de vêtements.
Les tailleurs comme fournisseurs de produits confectionnés sur mesure ont perdu beaucoup de terrain au fil des années face à la déferlante du prêt-à-porter.
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