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Les rebelles ivoiriens rappellent leurs ministres à Bouaké

19 mai 2004, 20:00

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Le mouvement rebelle ivoirien a annoncé qu?il rappelait dans son fief de Bouaké ses ministres participant au gouvernement de partage du pouvoir, à l?encontre desquels le président Laurent Gbagbo a annoncé des sanctions pour avoir boycotté les réunions du Conseil des ministres.

Gbagbo a annoncé dans une allocution télévisée qu?il avait remis au Premier ministre une liste des ministres dont il ne voulait plus dans le gouvernement et il a dit que les ministres issus du mouvement rebelle qui n?ont pas assisté aux récents conseils des ministres ne seraient pas payés.

La décision de Gbagbo et la réaction des rebelles ont fait encore monter d?un cran les tensions dans le pays, premier producteur mondial de cacao, en proie à l?instabilité depuis la guerre civile qui a éclaté en 2002.

?Le gouvernement de la République doit fonctionner avec les ministres qui veulent travailler pour le pays?, a dit le chef de l?État dans une allocution télévisée.

<B>Plus de rebelles à l?hôtel</B>

?Pour le mois de mai 2004, aucun salaire, ni accessoire de salaire, ne sera payé aux membres du gouvernement ayant délibérément boycotté les réunions du Conseil des ministres. Le montant de ces émoluments sera reversé intégralement aux victimes de la guerre.?

Les ministres issus du mouvement rebelle et la plupart de leurs collègues de l?opposition boycottent les réunions du Conseil des ministres depuis qu?une manifestation interdite de l?opposition a été réprimée dans le sang, en mars dernier.

Gbagbo a ajouté qu?il avait aussi demandé au Premier ministre Seydou Diarra, nommé dans le cadre de l?accord de paix de janvier 2003, de faire en sorte que la délégation du mouvement rebelle quitte au plus tôt le luxueux hôtel d?Abidjan où elle séjourne.

A Bouaké, le dirigeant rebelle Guillaume Soro a annoncé dans une déclaration écrite que tous les membres de son mouvement des Forces nouvelles étaient immédiatement rappelés d?Abidjan.

Il a demandé aux forces de maintien de la paix de l?Onu et aux forces françaises basées dans le pays d?assurer la sécurité des ministres rebelles pendant leur trajet vers Bouaké, situé à environ 350 km au nord.

Le président ?ne nomme pas les ministres. De sorte qu?il est mal placé pour le limoger?, a réagi Antoine Beugre, porte-parole rebelle, à l?hôtel d?Abidjan où résident actuellement quatre ministres rebelles.

Les Forces Nouvelles ont dit s?attendre à ce que des militaires français reconduisent jeudi la délégation rebelle à Bouaké.

Peu après l?allocution présidentielle, un petit groupe de manifestants pro-Gbagbo s?est rendu à l?hôtel gardé par des casques bleus, mais ils ont été refoulés par les forces de sécurité ivoiriennes.

Dans un autre quartier, de petits groupes de jeunes ont agressé des automobilistes près d?une école française. L?ambassade de France a fait savoir qu?en raison des tensions à Abidjan, toutes les écoles françaises devaient rester fermées hier.

La coalition d?opposition qui avait organisé la manifestation interdite de mars a annoncé qu?elle se réunirait hier pour discuter d?une réponse à l?allocution de Gbagbo.

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