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Les régulations bouc émissaire du ralentissement financier

16 décembre 2003, 20:00

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LE DÉBAT sur la sur-régulation réelle ou supposée de l?industrie des services financiers a préoccupé les opérateurs de ce secteur durant l?année écoulée. Un ralentissement des activités couplé à l?introduction de nouvelles législations avait effectivement exacerbé le sentiment que les autorités allaient trop vite en besogne au détriment de la compétitivité du secteur des services financiers.

La Financial Services Commission (FSC) revient sur cette question dans son rapport annuel et remet les choses en perspective. Ainsi, le Chief Executive de la FSC, Iqbal Rajahbalee, démontre, chiffres à l?appui, que malgré une conjoncture morose, le secteur des services financiers non-bancaires a su tirer son épingle du jeu. Les actifs des institutions d?épargne contractuelle, soit les fonds de pensions et les compagnies d?assurances, ont augmenté pour atteindre Rs 59,2 milliards, ce qui représente 42 % du produit intérieur brut (PIB).

La capitalisation du marché boursier a connu une croissance de 32,7 % pour atteindre Rs 45,4 milliards à juin 2003. Le volume de transactions a, lui, augmenté de 5,2 % pour s?élever à Rs 2 milliards. Le chiffre d?affaires des management companies opérant dans le secteur du Global business a augmenté de 10%.

La vraie raison

Cette performance, même mitigée, réconforte la FSC dans sa conviction que les réformes ne gênent pas les affaires. ?Les réformes régulatoires peuvent être apportées sans entraver le business outre mesure. Quand les réformes sont effectuées dans une situation économique difficile elles peuvent facilement devenir un bouc émissaire pour toute perte de business?, soutient Iqbal Rajahbalee.

Pour le président de la FSC, Anil Gujadhur, c?est le ralentissement économique au niveau mondial qui a affecté les flux de capitaux et causé un certain ralentissement dans le secteur financier local. Selon lui, il n?est pas juste de penser qu?en rabaissant le niveau de la régulation Maurice aurait pu capter davantage de business. Le ralentissement économique global qui date de 2001 est la vraie raison de la morosité notée dans les services financiers, insiste Anil Gujadhur.

Il y a depuis peu des signes d?une reprise de l?économie mondiale et cela devrait modifier les postures défensives adoptées par les acteurs économiques qui avaient occasionné une déprime généralisée dans le monde des affaires. Les flux financiers transfrontaliers devraient donc reprendre au même taux que la reprise économique mondiale. Il y a des signes d?un nouveau souffle dans le secteur des services financiers local, estime le président de la FSC.

Durant les moments difficiles de l?année écoulée, la FSC a souvent été sollicitée pour relâcher sa surveillance afin d?aider le secteur à faire face à un environnement difficile. Des consultations régulières ont été engagées avec l?industrie afin de l?aider à surmonter la déprime de l?économie mondiale. Si la FSC a effectivement fait des concessions pour assouplir certaines procédures elle n?a pas pu faire de compromis sur les normes de régulation.

Les yeux braqués

Le maintien des standards de régulation est une stratégie à long terme pour l?établissement de la réputation de Mauruice comme un centre financier sain et bien réglementé. La communauté internationale garde les yeux braqués sur les juridictions financières afin de veiller à ce que les normes de régulations soient respectées. Maurice ne peut courir aucun risque pour des gains à court terme, poursuit Anil Gujadhur.

Iqbal Rajahbalee pense que le dialogue engagé avec les professionnels du secteur financier au cours de ces deux dernières années a débouché sur un consensus selon lequel la régulation est vitale pour la sécurité, la stabilité et la crédibilité de l?industrie. La régulation protège les intérêts du public mais aussi ceux des opérateurs.

La FSC reconnaît que son objectif ultime est de veiller au développement harmonieux du secteur des services financiers. Une régulation trop lourde mettant trop d?accent sur la sécurité pourrait empêcher une institution financière d?innover et d?être compétitive. Le coût de la régulation et de la supervision pourrait aussi devenir trop important, reconnaît Iqbal Rajahbalee.

Pour le patron de la FSC, la preuve que l?institution qu?il dirige est sur la bonne voie concernant son approche de la régulation a été donnée par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. Les institutions de Bretton Woods ont, dans le contexte du Financial Sector Assessment Programme, trouvé qu?il y a dans le secteur financier local un ?high level of compliance with internationally accepted norms and best practices?.

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