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Les périls des petites compagnies d?assurances

3 mars 2007, 00:00

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par Akilesh ROOPUN

La menace de fermeture qui pèse sur Rainbow Insurance ravive les inquiétudes au sujet de la santé financière des sociétés d?assurances de petite taille. Celles-ci sont concentrées sur des business à haut risque, comme l?assurance automobile.

La Financial Services Commission (FSC) a ordonné à Rainbow Insurance de renflouer son capital. Au cas contraire, elle devra mettre un terme à ses activités. Pour l?instant, la maison d?assurances n?est pas autorisée à vendre de nouvelles polices, ni à renouveler celles existantes.

Son directeur général, Pravin Ramburn, explique que le conseil d?administration cherche activement à renforcer le capital. La société, dit-il, compte aussi faire appel de la décision de la FSC. L?initiative du régulateur porte à conséquence sur l?ensemble de l?industrie. Certains opérateurs estiment que cette démarche est bienvenue, pour mettre un peu d?ordre dans le secteur.

«Il est réconfortant que le régulateur prenne des actions contre les compagnies qui ne tiennent plus la route. La démarche de la FSC est une étape intermédiaire. La compagnie ne peut pas prendre de nouveaux clients ni renouveler les dossiers aussi longtemps qu?elle ne trouve pas des solutions qui soient à la satisfaction de la FSC. La fragilité financière de certaines sociétés rejaillit sur l?ensemble de l?industrie car elle affecte le business des autres», commente Jacques de Navacelle, chief executive officer (CEO) de Mauritius Union.

Il regrette que les compagnies d?assurances en situation financières difficiles se montrent peu coopératives lorsqu?il s?agit de payer un concurrent, par exemple en cas de règlement pour les accidents de voiture. Ces «mauvais payeurs» finissent par perturber les trésoreries des autres sociétés.

Les fournisseurs d?assurances de petite et de moyenne tailles sont beaucoup plus exposés à des business à risque que les grandes maisons. La configuration du marché en serait une des causes. L?industrie compte une vingtaine d?opérateurs. Toutefois, une poignée de grosses entreprises accapare le gros des business juteux.

«Les cinq plus grandes compagnies occupent plus de 80 % du marché. Les autres doivent se battre pour les 20 % restants», affirme le directeur d?une société de taille moyenne. «Les grosses entreprises font souvent partie des grands groupes du pays et peuvent compter sur des business captifs. Nous, par contre, n?avons pas ce luxe.»

L?intensité de la concurrence pousse certains assureurs à se livrer à des pratiques commerciales qui, souvent, nuisent à leurs résultats financiers. Ils proposent des prix très bas pour attirer la clientèle. Cette guerre sans merci se pratique surtout au niveau de l?assurance automobile qui assure un flot de business régulier aux prestataires.

Néanmoins, l?assurance automobile devient de plus en plus un segment à problème. «Le nombre d?accidents est en hausse. Nous subissons également les hausses des coûts de réparation des véhicules accidentés et des prix des pièces de rechange. L?avènement du constat à l?amiable a compliqué les choses avec une augmentation du nombre de cas d?accidents simulés et de réclamations frauduleuses», dit un opérateur.

Leadway, Secura, Sparrow et Prime Insurance sont des petits opérateurs qui ont dû cesser leurs activités pour diverses raisons durant la dernière décennie.

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