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Les insecticides à la loupe
Les insecticides contre mouches et insectes sont efficaces. Mais la plupart contiennent de la tétraméthrine, classée cancérigène possible. Si l?on ne trouve plus le dichlorvos, interdit en Grande-Bretagne, la vigilance reste de mise.
Les insecticides peuvent être classés en fonction du type d?insectes à éliminer (rampants ou volants), de leur présentation (aérosols, diffuseurs électriques et diffuseurs permanents) ou de la nature de leur(s) principe(s) actif(s). Ces principes induisent une durée d?action variable et trois types d?effets différents : un effet répulsif, un effet dit ?d?abattage?, qui assomme l?insecte et l?empêche de piquer momentanément, et un effet létal, tuant l?insecte.
L?effet obtenu dépend de nombreux facteurs tels que la nature du (des) principe(s) actif(s), la durée de vaporisation pour les aérosols ou la durée d?émanation pour les autres familles de produits, le temps de contact entre le produit et l?insecte, le volume de la pièce et enfin son niveau d?aération. De cette manière, tel produit pourrait tour à tour avoir un effet de répulsion ou d?abattage, voire un effet létal, en fonction de sa composition et des conditions d?utilisation.
Les insecticides ménagers relèvent de trois familles : les organophosphorés, les pyréthrinoides et les répulsifs à base de substances naturelles. Les premiers sont plus toxiques que les organochlorés; ils s?attaquent au système nerveux et se dégradent plus rapidement. Les deuxièmes sont des molécules de synthèse inspirées des principes actifs du pyrèthre. Les troisièmes sont soit à base d?huiles essentielles de végétaux à propriétés répulsives.
Comment ces produits agissent-ils sur les insectes ?
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Les organophosphorés attaquent le système nerveux des ravageurs, en inhibant la transmission de la cholinestérase, ce qui perturbe la transmission de l?influx nerveux. Ils sont plus fréquents en agriculture qu?en emploi ménager.
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Les pyréthrinoides, retrouvés le plus souvent sur le marché local, et aussi utilisés en agriculture, sont les insecticides les plus courants en usage ménager. Ce sont des molécules de synthèse copiées sur les principes actifs de la fleur de pyrèthre (aujourd?hui cultivée au Kenya et en Inde). Ils sont des perturbateurs endocriniens, agissant par contact et par ingestion. Ils bloquent la liaison entre une hormone et son récepteur. Chaque fabricant produit son propre cocktail de pyréthrinoides en fonction des insectes visés et de ce qu?ils jugent être la demande du client.
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Les huiles essentielles sont des extraits de plantes choisies pour leurs propriétés aromatiques répulsives, tels la citronnelle et le clou de girofle, qui ne posent pas de problème de nocivité. On fabrique ces essences naturelles par distillation, dissolution ou expression. L?extrait obtenu est ensuite le plus souvent mélangé à un alcool.
Attention aux étiquettes
L?étiquetage reflète l?absence de réglementation.
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Certains produits ne respectent pas le devoir d?apposer le logo d?inflammabilité (une flamme noire sur fond orange) avec la mention ?extrêmement inflammable?). La mention des principes actifs se limite aux familles de produits, ?secret industriel? oblige, privant les consommateurs de leurs droits à l?information.
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Pas de précautions d?emploi. Les fabricants passent sous silence les risques que comporte la tétraméthrine, pourtant présente dans de nombreux insecticides vendus localement. En effet, la tétraméthrine est un pyréthrinoide suspecté d?être cancérigène par l?USEPA (le ministère américain de l?environnement). Quant au dichlorvos, réputé dangereux et interdit en Grande-Bretagne, nous n?en avons pas trouvé sur le marché.
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On ne sait rien des formules complètes, c?est-à-dire du profil de la combinaison de molécules insecticides d?origines différentes, de leur association avec un synergisant ou un solvant. Et cela, qu?il s?agisse d?aérosols, de plaquettes ou de diffuseurs. Ainsi tous les fabricants taisent la présence de butoxide de pipérsynole, un synergisant classé ?cancérigène possible? par l?USEPA dont l?association avec des pyréthrinoides est suspectée d?effets immunotoxiques.
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Silence sur le gaz propulseur des aérosols ? en l?occurrence du butane, sauf sur les produits Raid.
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Les diffuseurs électriques omettent la présence de BHT (butyl-hydroxy-toluène, un antioxygène) dans leur recharge liquide.
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Les modes d?emploi laissent à désirer : défaut d?indication de durée de pulvérisation, du volume de la pièce à traiter.
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Les précautions d?emploi se limitent aux ?phrases de risques? habituelles. Elles sont écrites en tout petit et se révèlent parfois insuffisantes comparativement aux dangers encourus.
Nous reviendrons sur les conseils pratiques et les risques des insecticides dans une prochaine édition.
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