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Les détenteurs de permis de pêche se retournent contre l?Etat

18 octobre 2004, 20:00

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Après l?arraisonnement de deux bateaux de pêche japonais dans les eaux territoriales de l?île Tromelin, le gouvernement mauricien n?a envoyé aucun message aux 196 bateaux auxquels il a octroyé des permis pour pêcher dans cette zone. Maurice considère toujours ces eaux comme faisant partie de sa zone économique exclusive. Mais les compagnies japonaises et taïwanaises, bénéficiaires de tels permis ont, d?ores et déjà, averti leurs navires qu?il faut éviter cette zone. Et elles pourraient se retourner contre le gouvernement mauricien, formulant des réclamations en dommages et intérêts.

Rembourser les pertes

La compagnie Island Marine Enterprises Ltd, qui gère les deux chalutiers arraisonnés au large de Tromelin en septembre dernier, a adopté une position conciliante. Elle compte demander au gouvernement mauricien de lui rembourser partie des pertes subies suite à cet arraisonnement. Les prises de poissons et les appâts des deux bateaux avaient été saisis. Le directeur de la compagnie, Guichi Onda, affirme que celle-ci a déjà déposé une caution de 600 000 euros, soit Rs 21,4 millions, et devra payer, si les deux bateaux sont mis à l?amende, environ 500 000 euros, soit Rs 17,8 millions. ?Les autorités réunionnaises ont, après l?arraisonnement de nos deux bateaux, saisi toute la cargaison de poisson que nous avions à bord, dont une bonne partie pêchée hors des eaux de Tromelin. Ils ont aussi saisi nos appâts. Quand nous avons payé la caution pour que les deux bateaux puissent repartir, nous avons dû racheter ces prises et ces appâts.

Cela nous a coûté 212 000 euros (Rs 7,5 millions). Le procureur a réclamé une amende totale de 200 000 euros contre les deux bateaux, et les pêcheurs réunionnais, le paiement d?une compensation de 50 000 euros?, explique Guichi Onda.

Il précise que sa compagnie ne réclamera pas de l?argent liquide du gouvernement, mais s?attend que cette compensation prenne la forme de permis de pêche, octroyés gratuitement aux bateaux arraisonnés. Un tel permis coûte 12 000 dollars par an, soit presque un demi-million de roupies. Les Japonais, qui ont jusqu?ici grandement aidé le développement de la pêche mauricienne (en finançant le port de pêche de Trou-Fanfaron et l?école de pêche récemment ouverts à Pointe-aux-Sables), se montrent très conciliants sur cette affaire d?arraisonnement. Tel ne serait peut-être pas le cas avec d?autres détenteurs de permis de pêche, dont les Taïwanais et les Européens.

Le gouvernement pourrait faire face à une multitude de plaintes et de réclamations à la suite de ce que ces détenteurs considèrent comme une réduction de la zone de pêche que le permis leur accorde.

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