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Les dépenses ?non contrôlées? de l?Etat critiquées
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Les dépenses ?non contrôlées? de l?Etat critiquées
L?Anti-Corruption Action Group (Acag) a rendu publics hier deux documents sur la perversion des institutions mauriciennes et les élections libres et justes. Ce groupe, représenté par Jack Bizlall, Raja Bhadain et Dev Ramano, effectue une analyse et dresse un bilan. Conclusion : ?Il y a vol systématique qui va contre les intérêts du peuple et de l?Etat.?
Et l?Acag fustige. D?abord, les institutions qui ont la charge de contrôler les dépenses de l?Etat et de lutter contre la fraude et la corruption. Il dénonce ainsi les dépenses non contrôlées du gouvernement. ?Le Premier ministre passe pour quelqu?un de méticuleux dans son travail mais lorsqu?on analyse les dépenses de l?Etat, il y a un bilan négatif qui s?en dégage?, fait ressortir Jack Bizlall.
L?Acag avance ainsi qu?il y a ?une masse d?argent qui a été gaspillée au lieu d?être investie dans les infrastructures sociales?. ?La campagne est le moment propice pour que les citoyens se lèvent et demandent des garanties dans les programmes des partis?, insistent ses membres.
?Le CTB viole la loi?
L?Acag veut savoir si les milliards dépensés par l?Etat ont été transférés dans des biens qui bénéficient à tous les Mauriciens. Il estime qu?en quatre ans, Rs 35 milliards ont été dépensées par l?Etat ou allouées sous forme de contrats.
Raja Badhain critique le fonctionnement du Central Tender Board (CTB), l?organisme chargé d?évaluer les contrats décernés par l?Etat. ?Le CTB viole la loi?, n?hésite-t-il pas à affirmer. Il fait ressortir que la tâche d?évaluation ?n?a jamais été faite?. ?Autrement dit, toutes les magouilles, toutes les ingérences sont possibles?, ajoute-t-il.
Pour lui, si le gouvernement a pris connaissance de ce ?dysfonctionnement? et qu?il ne réagit pas, cela démontre qu?il est ?satisfait? du CTB. Il en conclut que ?la perversion est la norme dans ce type d?institutions et elle règne avec la connivence des politiciens à la tête de l?Etat, dont ils servent la cause?.
Selon Raja Bhadain, ?les citoyens mauriciens sont victimes de promesses d?un parti qui veut redresser le pays et d?un autre qui l?a mis dans le trou?. Et les membres de l?Acag estiment qu?il y a des ?pratiques mafieuses? qui ont lieu dans l?Etat.
L?Acag relève que des juges ont été très sévères contre l?Independent Commission against Corruption et contre le comité qui supervise les institutions anti-corruption. Pour Raja Bhadain, les organismes comme le Joint Economic Council ou encore Transparency Mauritius, qui siègent sur ce comité ont ?un devoir de s?expliquer?.
Le groupe se penche également sur les élections. ?Il n?y a aucune tradition d?observation pour voir si ces élections sont free and fair?, déplore Jack Bizlall. Après avoir analysé la situation avant et pendant la campagne, le constat est déjà ?dramatique?.
Pour Dev Ramano, les élections à Maurice sont free and fair, ?mais on peut mieux faire?. Pour y arriver le groupe propose d?introduire treize mesures : ouvrir l?accès audiovisuel aux partis, enlever la classification ethnique ou religieuse, proscrire la construction de routes avant les élections, interdire le recrutement d?activistes ou encore reconnaître le vote blanc...
L?Acag affirme qu?il ?surveillera le gouvernement qui arrivera au pouvoir?. ?Le gouvernement en place avait promis une gestion qualitative du pays. Or cet élément est inexistant. L?électorat n?est pas dupe?, ajoute Jack Bizlall.
L?Acag prévoit de diffuser les deux documents et de les faire parvenir aux institutions concernées.
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