Publicité
Les débris de l?hôtel Berjaya créent des remous
Par
Partager cet article
Les débris de l?hôtel Berjaya créent des remous
Geant abattu, l?hôtel Berjaya au Morne disparaît pièce par pièce. Cet hôtel quatre-étoiles de la chaîne malaisienne Berjaya est actuellement en chantier. Depuis environ un mois et demi, les 196 chambres et quatre suites sont en train d?être rasées. Elles laisseront la place à un nouvel hôtel du groupe indien Sagar basé à Dubayy. Une construction qui se fait sur fond de polémique?
Sur le site, les ouvriers de deux «entrepreneurs» s?affairent durant la journée. Ailleurs, au Morne et à Case-Noyale, une polémique a été soulevée par des allégations de déchets du chantier déposés en pleine nature.
Chaque jour, une cinquantaine de camions quitte l?enceinte du chantier, chargés de déchets. Joe Ramalingum, président de conseil du village du Morne, a tiré la sonnette d?alarme face à des débris retrouvés à Case-Noyale et dans les sous-bois au Morne. Il allègue que ces détritus proviennent du chantier où se situait l?hôtel Berjaya.
«Lor la route Case-Noyale ti ena enn camion ti tombe ek ban materio la ti pe blok drain. Ena ossi bann lezot dese cot bois Le Morne», explique Joe Ramalingum. Il soutient que le conseil de village a averti les «entrepreneurs» du site par rapport aux débris de l?accident de Case-Noyale qui auraient bloqué un drain.
Les deux entrepreneurs du site sont Allied Builders Ltd et Pad & Co. Contacté, Allied Builders n?a pas souhaité faire de commentaires sur le problème de Berjaya. L?autre compagnie, Pad & Co, souligne que le transport de déchets et des débris est entrepris par des camions individuels alors qu?une compagnie tierce enlève les débris de bois, en sous-traitance. Pad & Co estime notamment qu?il est possible que des débris aient été jetés par des camions individuels. Mais cela, fait-elle ressortir, est hors du contrôle des entrepreneurs.
<I>«Nous faisons une enquête afin de pouvoir déterminer quel camion aurait laissé les débris ailleurs que là où c?était prévu.»</I>
«Nous faisons une enquête afin de pouvoir déterminer quel camion aurait laissé les débris ailleurs que là où c?était prévu», rassure Alain Hao Thyn Voon, directeur général de Pad & Co. Il explique notamment que, selon les accords établis, les camions se doivent de déposer les déchets à St.-Félix sur le site qui était précédemment une carrière d?extraction de sable.
Le contrôle systématique des camions n?est pas, selon l?entrepreneur, réaliste. «Nous faisons des spot checks sur les camions, mais ne pouvons pas vérifier tous les camions sur tous nos sites», soutient Alain Hao Thyn Voon. «Nous payons les camions basés sur les trajets et payons donc pour qu?ils aillent à St.- Félix», ajoute-t-il.
Selon Manoj Dhansa, responsable du chantier chez Pad & co, certains habitants de Case-Noyale auraient, suite à l?accident, demandé au chauffeur de laisser les débris de béton, sur place. «J?ai entendu que quelqu?un a demandé au chauffeur du camion de tout laisser là pour qu?il reprenne le matériel pour sa propre construction», soutient ce responsable de chantier.
«Dans un esprit de coopération environnementale et sociale, nous sommes disposés à aider, si l?on peut, à enlever les débris et régler le problème», confirme Alian Hoa Thyn Voon. «Mais il ne faudrait pas que certains profitent d?une telle situation.»
Loin de la polémique, entre deux plages retirées, à l?eau turquoise, le chantier de Berjaya n?est que grisaille morne. Murs marron, sable, terre, ciment, briques, et 4x4? les ouvriers, casques et bleus de travail, sont à l??uvre. Avec le support des pelleteuses et d?autres monstres mécaniques.
Entre les pans de certains murs, du bois travaillé brille encore, poli et verni. Le sol est jonché de toutes sortes de débris. Plus de toits à aucune des structures, mais ici et là, du verre givré rappelle encore une splendeur conçue pour séduire des vacanciers.
Publicité
Publicité
Les plus récents