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Les cinéastes Chellapermal et Constantin : L’art de changer les difficultés en qualités

24 septembre 2011, 20:00

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Les cinéastes Chellapermal et Constantin : L’art de changer les difficultés en qualités

Gopalen Chellapermal et David Constantin, tous deux directeurs de la société de production de films Caméléon Productions, sont les chevilles ouvrières du Festival international de Courts Métrages à Maurice. Rencontre avec ces deux cinéastes qui ont choisi de vivre de leur passion et de la faire découvrir à d’autres…

A une table, un face-à-face entre deux artistes, deux compères. Mais pas n’importe lequel. Celui qui transmet une complicité, une vision commune et surtout une même passion, la création cinématographique. Gopalen Chellapermal et David Constantin évoluent dans le même univers depuis plusieurs années, mais leurs chemins se sont croisés en 2000, quand naquit Caméléon Productions, une des rares boîtes de production de films à Maurice.

Le parcours professionnel de Gopalen Chellapermal, ce père de deux enfants et habitant de Rose-Hill, n’a pas commencé à la fin de son Higher School Certificate au collège Eden mais bien plus tôt. « Je n’avais choisi de matières ayant trait au cinéma. J’ai fait des matières classiques, l’anglais, le français mais disons que je faisais aussi du théâtre », affirme-t-il. Mais avoue qu’à l’époque, il ne pensait pas devenir cinéaste.

Ce dernier raconte qu’il se souvient, toutefois, avoir grandi avec une certaine exposition au cinéma. Il a connu les fameuses matinées de 9 heures. « Dans mon enfance, pendant les week-ends, il y avait des projections de films en plein air pour quelques sous. C’était des westerns que je n’aurais ratés pour rien au monde », raconte-t-il. Il ajoute que son père, facteur de profession, a contribué à faire grandir en lui la passion pour les films.

« Il nous emmenait à Rose-Hill, mon frère et moi et il nous laissait près du cinéma Roxy pour aller distribuer le courrier. Mais avant, il demandait au propriétaire de nous laisser entrer voir un film », poursuit-il.

C’est en 1988 qu’il se lance dans la réalisation de film-documentaire pour le Mauritius College of the Air. Il fera ce métier pendant huit ans. Puis, Gopalen Chellapermal intègre une société de multimédia, ce sera aussi l’occasion de rencontrer David, pour la première fois, sans pour autant que cela n’aboutisse à la concrétisation de Caméléon. Puisqu’il quittera la compagnie pour travailler en Freelance.

Pendant ce temps, David Constantin, ancien élève du Collège du Saint-Esprit, poursuit des études supérieures en France en cinématographie. « Mon entourage me posait des questions comme « Tu fais quoi comme métier ? » Je répondais : « Je fais des films. » Mais la question suivante était toujours, « Oui c’est ton passe-temps mais que fais-tu vraiment ? » Et je répétais : « Je fais des films », raconte-t-il en souriant. Mais il précise quand même que ses parents lui ont donné l’encouragement nécessaire.

Si ses proches n’y croyaient pas vraiment, lui, il s’y accrochait. « Mon père, Serge, était peintre, donc je viens d’un milieu artistique et à un moment il a fallu choisir. Moi, ce qui m’intéressait, c’était l’image et ce qui me correspondait le mieux, c’était le cinéma », nous confie-t-il.

Après ses études tertiaires, David Constantin travaille quelque temps dans la photographie puis il rejoint Gopalen Chellapermal à la société multimédia et les deux se décident enfin, en 2000 de vivre de leur passion.

En 2011, les deux partenaires ont mûri. Mais encore, ils ont développé un beau réseau de contact et maîtrisent leur univers. Ils ont fait des films pour des entreprises, accueilli des cinéastes étrangers qui voulaient tourner à Maurice et de temps à autre, ils faisaient des projets propres à eux, comme celui de David Constantin, Diego l’Interdite.

Mais ce succès ne laisse pas indifférent. « L’on nous reproche d’avoir monopolisé le secteur. Nous avons développé des relations, des réseaux mais uniquement par l’effort. Au début, c’était dur de percer. Nous n’avons pas reçu d’aide mais nous avons changé nos difficultés en qualités », souligne David Constantin.

Et de l’aide c’est toujours ce qui manque dans ce secteur, selon Gopalen Chellapermal. « Par exemple, le Mauritius College of the Air a les moyens de pourvoir à la formation des plus jeunes. L’on nous annonce depuis plusieurs années des mesures budgétaires pour aider les cinéastes mais il n’y a rien de concret », déplore-t-il.

Mais ce n’est pas l’intérêt qui manque du côté des Mauriciens. Les deux cinéastes ont constaté un réel engouement pour cette 5ème édition du Festival international du Court Métrage à Maurice qui se tient du 26 au 2 octobre prochain. « Et puis, aujourd’hui, c’est plus facile de faire des films tout le monde a un appareil, ce qui n’était pas le cas quand nous avons commencé », ajoute Gopalen Chellapermal.

Toutefois, ce festival, c’est avec fierté que les deux producteurs le présente. Ils y ont mis toute leur passion afin d’aider d’autres à percer dans cet univers. « Nous avons changé nos difficultés en qualité dans le but d’aider les autres. » Un effort, finalement, récompensé, grâce aux talents découverts durant ces cinq années de Festival.

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