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Les éditeurs de jeux investissent le téléphone portable

9 juillet 2004, 20:00

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Koichi Okamoto regarde l?e-mail qu?il vient de recevoir sur son téléphone portable et sourit. «Encore lui? je l?ai déjà battu trois fois cette semaine», soupire le garçon de café de 26 ans, avant de se lancer dans une nouvelle partie de mah-jong sur téléphone portable contre cet adversaire entêté.

Loin des consoles de jeu dernier-cri et des ordinateurs de poche haut de gamme, Okamoto - qui dépense 500 yens (3,70 euros) par mois en jeux vidéo - fait partie de ces joueurs sur téléphone portable qui ont fait de ce secteur le premier en termes de progression dans le monde du jeu vidéo estimé globalement à 25 milliards de dollars.

Le marché du jeu sur téléphone portable a plus que doublé l?an dernier, atteignant 587 millions de dollars, et devrait être multiplié par six en 2007, à 3,8 milliards de dollars, selon le cabinet d?études londonien Informa Media Research.

Le potentiel du secteur est tel que Nokia a annoncé un nouveau modèle de son téléphone-console de jeu N-Gage, malgré l?échec commercial de la première version. La N-Gage cherche à concurrencer la Game Boy Advance, la console portable de Nintendo, mais des analystes estiment que les clients du téléphone se satisfont de machines moins sophistiquées. «Pour l?instant, les jeux sont encore rudimentaires mais les utilisateurs sont contents», a indiqué Hiroshi Kamide, analyste chez KBC Securities à Tokyo.

Plusieurs start-up se sont lancées sur le marché, dont certaines ont été fondées grâce aux capitaux d?entreprises technologiques comme Intel ou Qualcomm, actionnaire de G-mode, leader du secteur au Japon. Linktone Ltd., Jamdat, Mforma, Sorrent et Gameloft se partagent le marché américain, qui s?est développé plus lentement qu?au Japon, où une personne sur neuf dit avoir déjà joué à un jeu sur son mobile. L?opérateur américain Sprint a enregistré 3,5 millions de téléchargements de jeux depuis janvier et devrait annoncer dans le courant de l?année son premier téléphone capable d?afficher des graphismes en trois dimensions.

Les grands éditeurs de jeux constatent également le potentiel du secteur et commencent à proposer des produits spécifiques, à l?image de Square Enix et THQ, qui proposent des jeux et des sonneries à télécharger. Pour les analystes, les éditeurs de jeux doivent résoudre deux problèmes sur ce créneau: la diversité des téléphones portables, qui les oblige à programmer pour différents modèles, et le risque de piratage.

<B>par Ben BERKOWITZ et DAISUKE WAKABAYASHI </B>

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