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Le Syndicat des Pêcheurs s’appuie sur le changement climatique pour des réformes

2 décembre 2009, 20:00

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Le Syndicat des Pêcheurs s’appuie sur le changement climatique pour des réformes

Le Syndicat des Pêcheurs et le Mouvement Autosuffisance Alimentaire (MAA) vont s’investir dans des actions autour du changement climatique.

Ils ont tenu, ce 3 décembre 2009, une conférence de presse au centre social Marie Reine de la Paix, Port-Louis, où ils ont mis l’accent sur ce thème.

Selon Judex Rampaul, président du Syndicat des Pêcheurs, Maurice a connu des transformations énormes avec le changement climatique, ce qui affecte la vie des pêcheurs. «Le courant et le corail ne sont plus les mêmes, les poissons, quant à eux, se font rares dans nos lagons», affirme-t-il, en ce sens.

Le Syndicat des Pêcheurs lance ainsi un appel aux ONG et utilisateurs de la mer pour qu’ils s’unissent afin d’organiser un forum de discussion concernant ce problème. Judex Rampaul compte soumettre un document à l’Etat à la fin de cette rencontre afin que le gouvernement soit au courant des problèmes existants et qu’il instaure des lois pour les prévenir.

Lallmamode Mohamedally, secrétaire de ce syndicat, se dit insatisfait du dernier budget. «Le ministre des Finances a oublié les pêcheurs. Nous n’avons bénéficié de rien de nouveau et les projets annoncés ne sont toujours pas réalisés», blâme-t-il.

Rebondissant sur la déclaration de Mohamedally, Eric Mangar, responsable du MAA, exprime son désarroi face au retard du gouvernement sur la subvention qu’ils devaient recevoir. «La MAA a fait sa part en soumettant un projet complet sur la construction d’un bateau semi-industriel, au coût de Rs 9M, et 4 bateaux de 34 pieds, qui coûteront entre Rs 12M à Rs 14M. Ces bateaux seront mis à la disposition des pêcheurs qui pourront mieux profiter de la richesse de notre espace maritime», affirme-t-il.

Cependant, Eric Mangar souligne que, dans le dernier budget, le gouvernement a alloué seulement Rs 8M pour le bateau semi-industriel et que ce fonds ne sera déboursé qu’en janvier 2010. Quant aux quatre 34 pieds, le projet restera dans le tiroir du gouvernement jusqu’en janvier 2011.

Pour lui, les procédures sont trop lentes et cela «affectent la motivation des pêcheurs qui espèrent pouvoir aller en dehors de notre littoral, qui est pratiquement épuisé». À titre d’exemple, Eric Mangar raconte «qu’auparavant les pêcheurs rentraient avec 6 kilos de poissons en moyenne par jour alors qu’en 2009, ils arrivent à peine à 2.5 kilos. »

Selon Eric Mangar, il est ironique que le gouvernement continue à investir dans l’agriculture alors que les statistiques montrent une baisse de 30% dans le monde. Pour lui, il serait plus urgent d’investir dans la pêche et d’autres productions locales, telles que la pomme-de-terre au lieu de la farine, afin de rendre Maurice moins dépendant de l’extérieur.

Judex Rampaul conclut avec quelques propositions. Il demande à ce que des sanctions soient prises par l’Etat contre les hôtels qui détruisent nos lagons impunément. Il demande aussi qu’on contrôle mieux les permis octroyés aux pêcheurs de crevettes, car ces fruits de mer sont en voie de disparition dans nos mers. Il réclame que le gouvernement soit vigilant face aux projets maritimes proposés par les secteurs privés et que l’avis des différents partenaires concernés soit considéré. «Nous ne sommes pas contre ces développements, mais ils doivent se faire dans le respect de l’environnement et des pêcheurs», assure-t-il.

Finalement, il sollicite la ministre Sheila Bapoo pour qu’elle respecte leur accord du 27 août qui est de proposer au Conseil des ministres le remboursement de la contribution NPF des pêcheurs quand ils prennent leur retraite.

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