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Le skipper du Patrol One, Jean-François Cotte, déclaré mort par la Cour suprême
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Le skipper du Patrol One, Jean-François Cotte, déclaré mort par la Cour suprême
Rajni Cotte, la veuve d’un skipper disparu en mer, peut enfin faire son deuil. La Cour suprême a prononcé mercredi la déclaration de décès de Jean-François Cotte (en médaillon sur la photo), quatre ans après qu’il eut été contraint par deux repris de justice à fuir vers Madagascar à bord du trimaran Patrol One.
L’attente a été longue pour Rajni Cotte. Son mari, Jean-François Cotte, a officiellement été déclaré mort par la Cour suprême ce mercredi 6 juin 2012. La juge Rita Teelock a ordonné que la date du 21 décembre 2008 soit inscrite comme le jour du décès du skipper du trimaran Patrol One.
La veuve du skipper pourra ainsi bénéficier d’une pension de l’Etat, n’ayant pu y avoir droit bien que son époux ait disparu en mer en décembre 2008. Avec Léon Aliphon, son assistant, Jean-François Cotte avait été pris en otage sur le trimaran Patrol One par deux repris de justice, Rishi Lutchun et Sunny Ramkissoon, afin qu’il les emmène à Madagascar.
Sous prétexte d’une promenade aux abords de l’île Plate le samedi 19 décembre 2008, Rishi Lutchun et Sunny Ramkissoon ont contraint le skipper à mettre le cap sur la Grande île afin d’éviter un long séjour à la Prison Centrale. Le premier était face à un procès pour trafic de Rs 4 millions héroïne alors que le second, installé en Grande-Bretagne, était l’auteur d’une attaque à main armé au magasin Madison’s, à Grand-Baie. Il avait emporté près de Rs 2 millions de bijoux et de montre de luxe.
Les deux hommes ont d’abord drogué Léon Aliphon et ont tenté de le jeter par-dessus bord, avant de changer d’idée. Mais ils se sont acharnés sur le skipper et des traces de sang ont été découvertes à bord du trimaran lorsqu’il a été retrouvé par les autorités malgaches aux larges de Toamasina quelques jours plus tard.
Il s’avère que les fuyards ont jeté leur dévolu sur le Patrol One car il était l’embarcation la plus rapide de l’océan Indien. Dotée de deux moteurs Caterpillar de 1 000 chevaux chacun, le Patrol One pouvait rejoindre la Grande île à une vitesse de 30 nœuds, soit 55 km/h, par une mer démontée. Ses réservoirs peuvent contenir 11 000 litres de carburant mais pour la sortie du 19 décembre 2008, Jean-François Cotte n’avait pas fait le plein, ce qui explique pourquoi le trimaran est tombé en panne à 425 miles nautiques de Maurice, soit à 40 mines nautiques de Toamasina.
Le corps de Jean-François Cotte n’a jamais été découvert. Des avis de recherche ont été lancés contre Sunny Ramkissoon et Rishi Lutchun. Il se pourrait qu’ils aient aussi connu une fin tragique, un dinghy appartenant au Patrol One ayant été découvert loin des côtes malgaches.
Avec l’arrêt de la Cour suprême, Rajni Cotte pourra prétendre à une pension de veuve. Sa situation financière étant précaire, elle ne reçoit qu’une pension en guise de compensation de l’ancien employeur de son défunt époux, Patrick Bouic.
« C’est un pas en avant. Sans ce jugement, je n’aurais pas pu bénéficier des prestations sociales. Mon fils de 24 ans n’a pas un travail fixe c’est difficile pour lui de contribuer au budget familial », souligne cette dernière dans une déclaration à lexpress.mu.
 
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