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?Le service public peut sous-traiter une partie de ses opérations aux PME?
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?Le service public peut sous-traiter une partie de ses opérations aux PME?
● <B>Comment les petites et moyennes entreprises peuvent-elles contribuer dans la nouvelle donne économique ? </B>
Nous nous retrouvons aujourd?hui dans une conjoncture économique très importante. Pour réussir à doubler nos revenus par habitant dans le moyen terme, il y a des changements à faire. Les petites et moyennes entreprises (PME) ont un rôle décisif à jouer sur ce plan.
Déjà, le gouvernement a introduit beaucoup de nouvelles mesures pour faciliter les affaires à travers le Business Facilitation Act. Chez EMS Consulting, nous vivons ce changement très agréablement. Nous avons l?habitude de recevoir des hommes d?affaires étrangers qui viennent en mission de prospection à Maurice.
Un investisseur arrive à Maurice un mardi et il repart le samedi suivant avec sa société déjà incorporée et ses paperasseries administratives complétées. La personne a déjà son permis de travail et son permis de résidence qui lui permettent de démarrer ses activités immédiatement. C?est une facilité très utile.
Il y a d?autre part les institutions qui encadrent les PME. Celles-ci sont appelées à redéfinir leurs rôles respectifs afin qu?elles puissent répondre plus efficacement aux attentes des entrepreneurs.
● <B>Le gouvernement veut promouvoir la sous-traitance pour créer plus d?opportunités aux PME?</B>
Effectivement, le gouvernement évoque souvent l?idée de la sous-traitance, soit la possibilité que les grandes entreprises sous-traitent aux PME. L?Etat devra commencer par donner l?exemple. Le service public peut sous-traiter une partie de ses opérations aux PME. Celles-ci peuvent y trouver des business rentables.
L?Empowerment Programme (EP) est une initiative très louable du point de vue des petits business. Les gens commencent maintenant à saisir les enjeux. Il y a des interventions ciblées en faveur des petits entrepreneurs par exemple. Mais il existe un certain vide pour les PME qui sont d?une taille légèrement supérieure. Par exemple, une entreprise de l?habillement qui emploie une cinquantaine de personnes peut avoir certains problèmes et a besoin d?un certain soutien. Elle aussi a besoin d?un certain empowerment.
● <B> N?est-ce pas le rôle d?Enterprise Mauritius (EM) d?accompagner ces entreprises ? </B>
EM est effectivement en train d?explorer plusieurs créneaux dont l?ouverture des marchés régionaux, la formation et le service conseil aux entrepreneurs. Je ne suis pas sûr que cet organisme a les ressources nécessaires pour remplir cette mission.
Je conçois le rôle d?EM à un niveau plus stratégique comme la pénétration de nouveaux marchés. Les cabinets d?affaires peuvent prendre le relais à ce niveau à travers leurs réseaux à l?étranger. A EMS Consulting, nous avons des liens avec des chambres d?opérateurs en Afrique que nous mettons à la disposition des entrepreneurs locaux.
Tout récemment, nous avions organisé une mission à Tananarive à l?intention des PME. Nous avons pu créer des clusters entre entrepreneurs malgaches et mauriciens. Notre cabinet a aidé certains exploitants malgaches à remodeler leurs produits pour pouvoir être compétitifs en termes de qualité-prix sur le marché mauricien. Cela a facilité la mise en place des partenariats rentables entre les petits opérateurs des deux îles.
● <B> Le petit entrepreneur mauricien est-il suffisamment informé des opportunités ? </B>
Il faut un changement de mentalité chez les entrepreneurs. L?argent n?est pas toujours le facteur de réussite ou d?échec dans les affaires. Il y a des gens qui démarrent avec beaucoup d?argent mais qui échouent par la suite. Par contre, il y a des entrepreneurs qui réussissent malgré les moyens financiers limités à leur disposition.
Pour réussir, il faut posséder les qualités entrepreneuriales nécessaires. EMS Consulting a entrepris avec l?aide du Mauritius Research Council une étude sur les qualités que doit posséder un entrepreneur pour réussir. Par exemple, il faut savoir concevoir un business plan. Il est essentiel que l?opérateur s?investit à fond dans la conception de son projet et dans la définition de ses objectifs en termes de marché, de capitaux et de ressources humaines, entre autres.
Notre étude démontre aussi que beaucoup de petits entrepreneurs font preuve de manque de professionnalisme en termes de respect des délais de livraison notamment. C?est là une des défaillances qui nous met dans des situations très inconfortables sur les marchés d?exportation.
Il y a encore de gros efforts à faire au niveau de la qualité. La performance des PME sur ce plan est très inégale. Il y a un grand écart entre les bons entrepreneurs et ceux qui ne le sont pas. Cela ne nous permet pas de juger le niveau moyen des petits opérateurs.
Propos recueillis par <B>Akilesh ROOPUN</B>
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