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Le rhum séduit l’Inde

7 mars 2007, 00:00

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Le jus de canne et la mélasse prennent de nouvelles dimensions avec les perspectives d’exportation vers l’Inde. Quelque 170 ans après l’introduction de la canne à Maurice par les Hollandais, le rhum mauricien s’apprête maintenant à se faire connaître dans la Grande Péninsule.

Car la baisse du prix du sucre de l’Union européenne oblige les producteurs à explorer les possibilités d’autres marchés d’exportation pour les produits à forte valeur ajoutée.

“Nous allons vers un marché niche, notamment le secteur hôtelier qui a droit à un certain volume de rhums en hors taxes, les boutiques hors taxes et les compagnies aériennes”, dit Jacques Bourelly, directeur de marketing de St-Aubin Ltée (SAL).

Avec sept autres compagnies, SAL avait participé à la mission organisée par Enterprise Mauritius (EM) la semaine dernière pour évaluer les potentiels d’exportation des rhums mauriciens vers l’Inde. SAL produit du rhum à partir de la fermentation du jus de canne pur.

“Notre produit est différent. Nous avons déjà identifié un agent et un protocole d’accord sera bientôt signé à ce sujet, et à partir de là, nous travaillerons ensemble”, ajoute Jacques Bourelly.

Environ 90 % de la production de cette distillerie est actuellement destinée au marché local et 10 % à l’exportation. Les sept autres compagnies sont Grays & Co Ltd, International Distillers Mauritius Ltd, United Spirits Producers Ltd (une filiale de Médine), Scott & Co Ltd, Stanford Cove Ltd et MTK Ltd.

Le secteur emploie un millier de personnes et génère un chiffre d’affaires d’environ Rs 2 milliards. Six à sept millions de litres de rhum sont produits annuellement. Les exportations se font en petites quantités, notamment sur la Grande-Bretagne, les états-Unis, les Seychelles, l’Allemagne, l’Afrique du Sud, l’Inde, la France, l’Italie, Madagascar et la Réunion.

Arun Ramduny, client manager d’Enterprise Mauritius (EM) estime que ce déplacement a permis aux sept compagnies mauriciennes d’avoir une idée du régime de taxation indien pour les boissons alcoolisées. Des contacts ont aussi été établis avec une trentaine de compagnies engagées dans l’importation, le stockage et la distribution de ces produits, à New Delhi comme à Mumbai. D’autres sont également dans la fabrication, à l’instar d’Universal Breweries Global, Mohan Meakin, Radico Khaitan, Milestone, Château Indage et Munjral Brothers. La délégation a pu visiter à Mumbai l’entrepôt d’une compagnie engagée dans l’importation et la distribution de ces produits.

Partenariats en voie de concretisation</B>

“à partir de cette visite, il appartiendra à chaque entreprise de décider du créneau qu’elle veut exploiter et de développer sa stratégie. Elle peut opter pour faire de l’embouteillage en Inde ou d’exporter des produits finis et, par conséquent de se positionner dans le créneau qu’elle aura choisi”, dit Arun Ramduny.“Les opportunités sont bonnes pour entrer sur le marché indien”, ajoute-t-il.

Point de vue partagé par Jean- François Koenig, managing director d’United Spirits Producers Ltd.

Arun Ramduny souligne que les sociétés mauriciennes pourront prendre avantage des facilités fiscales offertes.

“Il y a 50 % de concession tarifaire. Le marché indien est en pleine expansion. Il y a un travail de suivi à faire avec les contacts déjà établis. Il y a une société qui se propose d’exporter bientôt une première cargaison de 2 500 caisses de rhums une fois que les démarches auront été finalisées.

Il y a des partenariats qui sont en voie de concrétisation.”Deepa Manrakhan, haut cadre de Grays & Co Ltd, souligne que les “négociations avec une société indienne sont en cours pour notre exportation du produit fini mais qu’il n’y a rien de défini à ce stade. Nous travaillons sur une structure de prix à être agréée par les deux parties.”

Les raisons de l’exploration du marché indien pour les rhums mauriciens sont multiples. Les distilleries mauriciennes sont en mesure d’augmenter leur production. D’autant plus que des projets d’extension de nouvelles distilleries sont envisagés, comme celle d’Union St Aubin ou la construction d’une distillerie à Savannah.

Le déplacement de la délégation mauricienne se situe dans le contexte des négociations concernant la Comprehensive Economic Cooperation and Partnership Agreement (CECPA) entre l’Inde et Maurice, les tarifs douaniers sur l’accès du rhum mauricien en Inde ont été réduits. Le quota d’exportation est de 150 000 litres.

Le marché d’exportation de ces produits est minime pour l’instant mais s’il se développe, il offrira d’autres avenues pour l’industrie de la canne, et même si la production de rhum en Inde est un marché protégé.

Car la valeur ajoutée du rhum est beaucoup plus importante que celle de l’éthanol. D’ailleurs la valorisation de la mélasse pour la production du rhum et de l’éthanol occupe une place de choix au niveau des réformes annoncées dans le plan d’action de l’industrie sucrière, soit le Multi Annual Adaptation Strategy Action Plan (2006-2015).

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