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Le retour triomphal de Bhutto tourne au carnage, la tête du kamikaze retrouvée
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Le retour triomphal de Bhutto tourne au carnage, la tête du kamikaze retrouvée
C?est le plus meurtrier des attentats-suicides jamais perpétrés au Pakistan. La mégalopole du sud du pays avait pourtant été transformée en forteresse, quadrillée par 20 000 policiers, à la suite de menaces d?attentats islamistes.
Le président Pervez Mushar-raf, qui négocie depuis plusieurs mois un partage du pouvoir avec Mme Bhutto, «a condamné cette attaque dans les termes les plus fermes», parlant d?«un complot contre la démocratie».
C?est au cours d?un défilé, qui durait déjà depuis neuf heures dans la cité portuaire tentaculaire, que le camion blindé sur lequel Mme Bhutto était juchée a été visé par l?attentat. Une grenade et une bombe ont explosé à quelques mètres à peine du poids-lourd, mais Mme Bhutto est «saine et sauve», ont aussitôt dit les autorités.
Au moins 140 personnes ont été tuées et quelque 400 blessées, selon un décompte à partir des bilans des cinq hôpitaux où ont été emmenés les morts et les blessés. Sur les lieux du carnage, la chaussée était couverte de sang et de morceaux de corps. «C?est comme si je marchais dans un abattoir. Certains corps étaient intacts, d?autres complètement démembrés», a raconté l?un d?eux.
La police pakistanaise a par ailleurs retrouvé hier la tête du kamikaze présumé. «Nous avons retrouvé la tête arrachée d'un kamikaze présumé et des analyses ADN sont en cours», a déclaré à Reuters Manzoor Mughla, un responsable de la police qui participe à l'enquête.
<B>Menacée de mort</B>
«La première explosion a été causée par une grenade. La seconde était un attentat suicide», a dit Mughal. «Le kamikaze a couru au milieu de la foule et s'est fait exploser», a-t-il ajouté. Selon Mughal, entre 15 et 20 kilogrammes d?explosifs ont été utilisés. La police pakistanaise offre une récompense de cinq millions de roupies (57 392 euros) pour toute information sur l?attentat.
Le mari de Mme Bhutto a quant à lui accusé une agence des services de renseignement du Pakistan. «Cet attentat n'a pas été perpétré par des combattants islamistes, mais par cette agence d'espionnage», a affirmé Asif Ali Zardari à la télévision Ary One, sans étayer ses accusations.
Mme Bhutto et les autorités disaient redouter un attentat à la suite de menaces brandies dans la presse par un commandant de combattants islamistes proches des talibans et d?al-Qaida, installés dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan.
Mme Bhutto était menacée de mort après avoir promis à plusieurs reprises d?«éradiquer la menace islamiste» de son pays, en proie depuis plus de trois mois à une vague sans précédent d'attentats-suicides. Le gouvernement avait donc promis une sécurité maximale.
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