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Le PTr face à un choix
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
Un absent très présent. Le siège de Rama Sithanen sera vide lors du congrès qu?organise le PTr ce dimanche mais le ministre sera l'un des plus présents dans les esprits. L?enjeu de l?événement est son sort politique. En effet, Navin Ramgoolam devra, à cette occasion, fixer les orientations de son gouvernement et ainsi indiquer s?il est prêt ou non à se débarrasser de son ministre des Finances.
L'exaspération de Rama Sithanen face à la lenteur du processus de réforme est à son comble. La provocation de ses détracteurs à l?intérieur de son parti a nettement franchi les limites du tolérable. Face à ces contradictions, le chef du gouvernement doit trancher dans le vif. Il ne peut plus utiliser la duplicité pour tenter de faire cohabiter les irréductibles des deux camps.
Rama Sithanen n?arrive plus à suivre les errements de son parti. Il exprime désormais ouvertement son dégoût et son ras-le-bol face à ?l?hypocrisie? et ?l?égoïsme? de ceux qui le contestent au sein du PTr. Il reconnaît qu?il n?a pas le soutien de son parti pour mener à bien ses réformes. Il ne le dit pas encore mais on sent dans les propos qu?il tient en public une amertume devant l?indécision du leadership politique.
Non seulement Rama Sithanen se sent isolé au sein du PTr mais la valse-hésitation du gouvernement sur des mesures fondamentales de la réforme met à mal sa stratégie auprès des institutions internationales. Le pays s?est bâti une crédibilité indéniable grâce au sérieux et à la compétence de son ministre des Finances mais cet acquis est maintenant hypothéqué par les tergiversations, les indécisions et les reniements de l?Etat.
Mercredi, à Rose-Hill le ministre s?est demandé si les fonds publics sont utilisés à bon escient quand il y a des subsides de Rs 400 millions pour le gaz, Rs 400 millions pour la farine et Rs 700 millions pour le transport. Il aurait préféré que cet argent aille aux seuls nécessiteux. Dans le cas de la farine, le gouvernement avait accepté dans un premier temps d?éliminer les subsides, puis il s?est rétracté.
D?autres réformes ont été annoncées puis gelées. Celle du système des retraites, par exemple. Pour prévenir la faillite du Plan national de pensions, le gouvernement avait accepté de retarder le départ à la retraite des actifs. Il n?est pas passé à l?action. La mesure n?est pas entrée en vigueur. De même, un Public Procurement Bill a été voté, conformément aux exigences des bailleurs de fonds étrangers, mais les officiers devant l?appliquer n?ont pas été nommés. Donc, la loi est inopérante.
Dimanche, le Premier ministre doit choisir. D?un côté, il y a une stratégie orientée vers la réussite économique, le progrès et la croissance. De l?autre, une tactique clientéliste. La politique a beau être l?art du possible, ces positions restent inconciliables.
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