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Le projet de village à La Valette ne fait pas que des heureux
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Le projet de village à La Valette ne fait pas que des heureux
Un nouveau village verra bientôt le jour à La Vallette, à Bambous, pour accueillir des familles défavorisées. Si l?initiative doit soulager les bénéficiaires, des habitants de Bambous n?en voient pas tous l?aspect positif.
Créer une communauté est un enjeu de taille, qualificatif utilisé par le ministre des Finances, Rama Sithanen, lors d?une visite au site où logeront bientôt 200 familles identifiées. Outre le logement social qui lui sera offert, cette nouvelle «communauté» bénéficiera d?une aide de l?Empowerment Programme en termes de formation.
A Bambous, un chemin de terre entre le centre social et le supermarché Winner?s mène vers le site en cours d?aménagement. Le parcours est semé de creux et de bosses, avec de nombreux tournants. D?un côté, la canne à sucre, de l?autre des buissons et quelques arbustes, grillés sous le soleil de la côte ouest.
«C?est là que passera la nouvelle route», explique une attachée au projet. La jeune femme parle d?une bande de terre, large comme une avenue, dégagée de toute végétation. Partant de la route Royale, elle enjambe un petit cours d?eau, appelé rivière Belle-Isle.
Dimensions modestes
Cette voie d?accès encore accidenté est bordée de quelques cases en tôle, collées les unes aux autres. C?est là que logent les ouvriers chinois, travaillant sur ce projet. Sous le soleil de cette partie de l?île, la température à l?intérieur de ces «habitations» laisse songeur?
Le chemin prend fin 500 mètres plus loin, à l?entrée du village en devenir. Une estrade de fortune, c?est le moins que l?on puisse dire, est dressée. Des blocs destinés à la construction, posés à même le sol, font office de plancher, sans doute pour épargner les souliers cirés des invités.
A 9 h10 arrivent le ministre des Finances, Rama Sithanen, et l?ambassadeur chinois, Gao Yuchen. Une petite cérémonie protocolaire débute. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances parle du projet. «C?est du développement social intégré», dit-il, le sourire aux lèvres. Le projet lui tient à c?ur. En dehors d?offrir un logement social à ceux qui n?ont pas de toit, Rama Sithanen explique le but de leur donner les moyens de s?en sortir. Les maisons seront de dimensions modestes, à peine 500 pieds carrés, mais leurs propriétaires pourront les agrandir. Il est prévu d?en livrer 76 en décembre.
Ces logements seront agrémentés de facilités nouvelles pour ce type d?habitation. Chacun sera équipé d?un chauffe-eau solaire et de deux citernes pour l?eau, dont l?une réservée à la collecte d?eau de pluie. De quoi arroser son jardin et réaliser des économies.
Mais le véritable plus se situe dans l?unité de méthanisation dont chaque logement sera pourvue. Un des ingénieurs du projet explique que les déchets ménagers seront transformés en méthane, gaz ensuite utilisé pour les besoins domestiques. D?autres économies en perspective.
Le village sera doté d?aires de jeux pour enfants, de terrains de volley-ball, de basket-ball et de pétanque. Une boutique coopérative et un marché artisanal sont également prévus, de même qu?un espace pour la création d?échoppes destinées aux petites et moyennes entreprises.
Mais qu?en pensent les habitants du village de Bambous ? Un jeune homme employé dans un magasin de pièces mécaniques nous répond que cette construction à l?arrière du supermarché abritera des bureaux. Il n?habite pas la région et ne sait pas. Mais Newoor, si. La jeune femme a 21 ans. Elle n?a jamais entendu parler d?un village en construction dans sa localité. Oui, elle voit les camions qui passent tous les jours, chargés de pierres, mais ne sait pas d?où ils viennent ni à quoi les chargements sont destinés.
Développement
D?autres sont toutefois mieux renseignés. «Pa kone ki sana pe vinn ress la», dit Rishi, 33 ans. Il est né à Bambous. Cet employé d?hôtel ne voit pas d?un très bon oeil l?arrivée massive de nouveaux habitants. Il concède que c?est une bonne chose que les défavorisés soient aidés, mais il ne faudrait pas que les résidents de la région soient lésés par la suite. Rajesh, 39 ans, et Patrick, 27 ans, pensent comme lui. Si l?initiative leur semble bonne, ils réservent leur jugement sur les nouveaux arrivants.
Mais Hema, 36 ans, est, elle, très enthousiaste. «C?est une bonne chose, cela va emmener du développement à notre village», affirme la jeune habitante. Les avis sont partagés au village de Bambous, alors qu?à côté, la nouvelle «communauté» va voir le jour.
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