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Le progrès dans l?équité

11 juin 2004, 20:00

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Le budget 2004-2005 est résolument plus social et politique dans l?approche, le ton et le contenu. Après trois ans de grands chantiers, le déclic, notamment au niveau de l?investissement privé, se fait toujours attendre.

Pravind Jugnauth a choisi de changer son fusil d?épaule. Las d?attendre un « bon signal » de l?establishment du secteur privé, le nouveau ministre des Finances veut tenter le pari d?un déclic populaire. Il souhaite d?abord provoquer un feel good factor en allégeant l?impôt sur le revenu et s?attaque aux préoccupations immédiates des citoyens en faisant baisser le prix de la barre de fer et ceux des médicaments.

Par ailleurs, Pravind Jugnauth mise sur une relance de l?esprit d?entreprise des Mauriciens en donnant une série d?incitations pour la création de micro, petites et moyennes entreprises. Le tout est empreint d?une philosophie sociale où démocratisation de l?économie et redistribution plus équitable des richesses se disputent la vedette.

La réforme de la fiscalité directe annoncée qui vise en gros à taxer davantage les riches que les pauvres peut rapporter des dividendes politiques. Pour le moment le patronat à travers le Joint Economic Council cache à peine sa désapprobation.

L?autre fait saillant du budget est sans doute l?audace de Pravind Jugnauth à s?attaquer au sujet tabou de la pension universelle. Là encore, on voit la volonté d?une répartition plus juste du gâteau national.

D?un point de vue technique et comptable, l?exercice financier 2004-2005 prévoit un budget courant de Rs 36,9 milliards et un budget d?investissement en infrastructures de Rs 8,4 milliards.

Au niveau des revenus, l?Etat s?attend à encaisser Rs 36,2 milliards dont Rs 25,3 milliards en taxes indirectes. Ainsi, le déficit pour 2004-2005 sera de Rs 9,1 milliards représentant 5 % du Produit intérieur brut. Pravind Jugnauth estime que ce niveau est élevé mais il fait ressortir qu?il est essentiellement dû au budget d?investissement et pas au budget courant.

Pour l?année 2003-2004, le déficit budgétaire a été de Rs 9,15 milliards représentant 5,6 % du PIB au lieu des 5,5 % attendus. Cela est surtout dû à des revenus inférieurs aux Rs 270 m prévus alors qu?il y a eu des dépenses supplémentaires de Rs 350 millions en termes de subventions et de prestations sociales.

<B>Paul Bérenger : «To merit enn drink...»</B>

Pravind Jugnauth n?a pas eu, pour son prédécesseur, le moindre clin d??il, la moindre allusion à un désir de continuité. Cela n?a pas empêché Paul Bérenger d?afficher ostensiblement de la bonne humeur à la réception informelle qui a suivi la lecture du budget dans la salle à manger du Parlement.

Le Premier ministre a assuré «l?ambiance», car l?atmosphère était assez tendue avant son arrivée. Pravind Jugnauth est muet, comme abasourdi. Paul Bérenger donne le signal des félicitations avec un «felisitasyon to merit enn drink» et un verre tendu au ministre des Finances.

C?est encore Bérenger qui, devant la désolation des photographes d?avoir raté le baiser de Kobita à Pravind, réclame un «remake». «Manman ala zot difisil la», plaisante-t-il devant les réticences de l?épouse du ministre. Taquinerie encore à l?égard de Jyoti Jeetun, de la State Investment Corporation : « SIC, SIC, nek tan SIC. Mais c?est bon, c?est bien mérité pou zot travay.»

Les invités parlent davantage Euro 2004 que budget. Bérenger rappelle sa pression au même moment l?année dernière. Au bout de 20 minutes, il quitte la salle en conseillant à Pravind Jugnauth et à ses techniciens de «switch off». Le ministre des Finances reste jusqu?à 20 h 30. Beaucoup plus détendu, il fait en sortant une déclaration à la radio. Chose qu?il avait catégoriquement refusé en quittant l?hémicycle.

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